Les Suisses s'interrogent aujourd'hui non sans raison sur l'absence de coopération de la justice algérienne dans l'affaire des touristes européens enlevés au Sahara en 2003 et libérés contre rançon payée aux terroristes du GSPC.
L'auteur présumé de l'enlèvement étant Abderezak et Para, que tout le monde attendait impatiemment à son procès il y a déjà un long moment, semble s'être en effet volatilisé, puisque l'on ne retrouve plus sa trace depuis son extradition du Tchad où il avait été capturé. Son cas ressemble à s'y méprendre à celui de Hattab qui, au lieu d'être présenté à la justice pour rendre les comptes que le ministre de l'Intérieur lui-même paraissait attendre , à en croire sa propre déclaration à Paris lors de sa dernière rencontre avec son homologue français, aurait été plutôt libéré dans le cadre de la loi portant réconciliation nationale.
Mais, s'agissant en l'occurrence de l'attentat contre les touristes particulièrement helvétiques, le gouvernement suisse n'entend pas clôturer le dossier judiciaire ouvert sans avoir au préalable réuni suffisamment de preuves justifiant les poursuites engagées par l'Algérie contre ses ressortissants impliqués directement, comme ce célèbre bandit d'el Para. Et ils n'ont pas tort, un attentat de cet espèce étant sous leurs cieux d'autant plus sévèrement punissable qu'il est crapuleux.