Après l'Algérie qui avait carrément refusé l'ouverture d'un bureau dans sa capitale pour représenter l'aile nord-africaine de la chaîne, c'est au tour du Maroc d'expulser les journalistes de l'agence ouverte chez lui et d'ordonner sa fermeture.
Si les Algériens fondaient leur refus sur le traitement partial en général par Al-Jazeera de l'information touchant au terrorisme qui avait sévi et continue encore de sévir sur son territoire, les Marocains ont pris leur décision, semble-t-il, en premier sur ce même constat et en second sur le parti pris d'Al-Jazeera en faveur du Front Polisario.
Comme justification de principe, le ministre marocain de la Communication a indiqué que la mesure prise "fait suite à de multiples manquements aux règles du journalisme sérieux et responsable", de la part de la chaîne qatarie.
Contacté par l'AFP, le directeur du bureau d'Al-Jazira à Rabat, Abdelkader Kharroubi, a déclaré que la chaîne "a toujours respecté les règles du professionnalisme et de la neutralité, notamment au Maroc", avant d'ajouter : "le dossier d'Al-Jazira n'est malheuresement pas entre les mains du seul ministère de la Communication. D'autres parties décident à ce niveau", sans plus de précision.
Pour Kharroubi, "Cette suspension est une erreur de la part des autorités marocaines, une erreur à laquelle nous sommes étrangers", a-t-il dit.
En fait, le penchant d'Al-Jazeera pour le combat des islamistes n'est qu'un secret de Polichinelle. Composée de journalistes essentiellement arabophones venus en grande partie d'Algérie, d'où certains ont été carrément chassés de la télévision nationale à cause de leur inclination ouverte en faveur de l'intégrisme islamiste, Al-Jazeera a cru pouvoir occuper un créneau jusque-là vacant qui offre une tribune au monde terroriste. Pour preuve, d'ailleurs, elle se fait le relais de tous les mouvements terroristes islamistes qui lui transmettent leurs communiqués de presse qu'elle s'empresse de diffuser sans jamais se poser la moindre question sur la portée extrêmement nocive de sa collusion avec ces extrémistes.