Cette substantielle augmentation des salaires est annoncée par Abdelghani Hamel, le directeur de la DGSN, et ce à compter de janvier prochain, avec effet rétroactif au 1.01.2008 pour ce qui concerne les indemnités. C'est du moins le sens de la déclaration qu'a faite le nouveau directeur des flics à la chaîne 3 ce matin, en annonçant que le nouveau statut des fonctionnaires de police a été approuvé le 22 décembre dernier par le Premier ministre.
Les primes et indemnités seront assises sur les taux variables suivants du salaire de base, a ajouté le directeur de la police:
- de 0 à 30 %, pour la prime de rendement;
- de 10 à 40 %, pour la prime de zone (4 zones d’affectation sont définies);
- de 70 % pour l'indemnité de risque;
- de 10 à 90 % pour l'indemnité de fonction;
- de 15 à 90 % pour l’indemnité d’astreinte;
- selon un taux qui sera ultérieurement défini par un tableau particulier pour l’indemnité de fonction.
Rappelant que l'ancien statut des fonctionnaires de la Sûreté nationale est devenu suranné, Hamel s'en est expliqué : « Il ne répond plus aux impératifs d’une police professionnelle. A l’époque, le pays comptait un effectif de 50 000 policiers. Dès mon arrivée à la DGSN, il m’était apparu nécessaire de faire du réexamen de ce statut une priorité et d’améliorer en urgence la situation socioprofessionnelle des policier. Ce nouveau décret introduit une filière unique des différents corps de police à même d’affirmer la chaîne de commandement et des règles de discipline et de responsabilisation à tous les niveaux ainsi que la précision des missions et des tâches. »
En vérité, ce n'est pas de 50 % que les rémunérations des policiers croissent avec cette augmentation mais de beaucoup plus, compte tenu de l'importance et de la diversité des primes et indemnités qui s'additionnent aux salaires de base.
Aussi, cette espèce de faveur qui se greffe à celles accordées au personnel de la justice et de la défense nationale marque une prédisposition aussi insensée qu'irréfléchie des dirigeants au sommet à "acheter" le silence et la docilité des fonctionnaires relevant des services d'ordre pour perpétuer sans nul doute le régime en place. Comment comprendre sinon que les personnels de la Santé et de l'Éducation, en particulier, doivent se suffire, eux, de simples miettes obtenues péniblement et après tant de semaines et de jours de grèves ? C'est même à se demander quand ces dirigeants inconscients comprendront-ils que les meilleurs éducateurs et praticiens de la Santé préfèrent, aux salaires de misère qui leur sont alloués, aller chercher pitance sous d'autres cieux.