Pour la seconde fois, depuis quelques mois, le problème des chalutiers commandés à des chantiers navals turcs et non encore livrés à ce jour, sinon réceptionnés avec des malfaçons inacceptables, appelle une solution dans le fond.
Des clients arnaqués au sens propre du terme, à en juger par l'impossibilité pour certains d'entre eux à retrouver simplement les adresses des officines destinataires des fonds versés à l'appui des commandes faites, s'estiment en droit d'exiger des explications tant des banques par lesquelles ont transité les fonds que des institutions publiques ayant négocié les achats groupés effectués au nom des divers pêcheurs intéressés.
L'aventure scandaleuse particulièrement relatée aujourd'hui par le journal
El-Watan à propos de deux chalutiers réceptionnés, dont l'un a coulé au retour d'une réparation en Espagne, montre clairement que, loin d'être des bateaux neufs, ces chalutiers, à l'image de leurs copies amarrées dans les différents ports où ils restent bloqués, sont en fait de vieux rossignols grossièrement maquillés.
En vérité, les relations commerciales avec les Turcs méritent d'être révisées en profondeur, voire carrément coupées. Les Algériens sont nombreux à se plaindre de leurs trafics en tous genres dans les équipements qu'ils se sont procurés chez d'eux.
Au demeurant, que font les autorités consulaires tant algériennes que turques, à propos de toutes ces questions pourtant capitales, sans la résolution desquelles on aura beau vanter l'excellence des relations bilatérales, on ne résoudra jamais à lever la défiance réelle qu'éprouvent désormais les Algériens vis-à-vis de ces partenaires que l'on peut affubler sans gêne du qualificatif bien mérité d'apprentis mafieux ?