Sur injonction du gouvernement japonais, l'entreprise TEPCO, en charge de la centrale nucléaire endommagée de Fukushima, va entamer la procédure d'indemnisation des résidents restés sur place ou évacués hors de la zone prise sous la radioactivité.
L'indemnité, selon les médias locaux, est fixée par les pouvoirs publics à 12 000 $ (soit 8 350 €) par famille et 9 000 $ (ou 6 250 €) pour une personne isolée. 48 000 familles en seront bénéficiaires, soit un coup total de 600 millions $ (ou 415 millions €) qui sera pris en charge en partie par l'État. Son paiement pourra commencer dès le 28 avril prochain, assure Tepco.
D'après le président de cette dernière, Masataka Shimizu, une telle estimation reste néanmoins provisoire, une rallonge pouvant être requise si l'évacuation de la zone devra se prolonger durablement, une hypothèse d'ores et déjà prise en considération, faute par l'entreprise de venir à bout des problèmes toujours pendants sur cette centrale.
Cependant, les montants de ces indemnités semblent loin de satisfaire les bénéficiaires potentiels dont certains sont allés protester auprès de Tepco. Cette dernière a réalisé, en effet, durant le seul exercice 2010 un bénéfice net considérable de 1,89 milliard de dollars (1,31 milliard d'euros), qui permet une ponction beaucoup plus importante d'autant que l'État s'est dit prêt à aider financièrement la société. Mais pour Masataka Shimizu, celle-ci s'attend à débourser encore quelques 24 milliards $ (16,7 milliards €) pour la remise en état des installations détruites ou endommagées. À ce dernier chiffre s'ajoute aussi un montant équivalent pour l'indemnité compensatoire des dommages subis par les paysans interdits de cultiver leurs terres.
Des spécialistes estiment enfin que la perte globale à charge de Tepco pour l'exercice en cours s'éléverait à environ 130 milliards $ (90,7 milliards €), un montant largement au-dessus de ses moyens financiers.
Il faudra donc nécessairement que l'État et un fonds de garantie à créer apportent leur concours, sous forme de prêts à long terme, à cette entreprise pour faire face à ses gros besoins.
avec Le Figaro.fr