Suzan Rice, ambassadrice américaine à l'ONU, a désigné du doigt, aujourd'hui à l'ONU, l'Iran et la Syrie les accusant de livrer des armes au Hezbollah.
"Le Hezbollah demeure la milice la plus significative et la plus lourdement armée du Liban. Il ne pourrait avoir réussi cela sans l'aide de la Syrie et l'apport d'armes syriennes et iraniennes", a-t-elle souligné, lors d'un point de presse en marge du Conseil de sécurité, repris par une dépêche de l'AFP. "Le Hezbollah demeure la milice la plus significative et la plus lourdement armée du Liban. Il ne pourrait avoir réussi cela sans l'aide de la Syrie et l'apport d'armes syriennes et iraniennes", a encore insisté Rice.
Une telle déclaration appelle néanmoins deux remarques essentielles, de mon point de vue :
Primo, l'ambassadrice, en reconnaissant que le Hezbollah a réussi - ce qu'elle laisse plutôt sous-entendre ici - la prouesse de contrer la dévastation israélienne de 2006, d'une part, et, d'autre part, le démantèlement, fût-il partiel encore, du réseau d'espions disséminé au Liban par Tel Aviv, passe néanmoins sous silence le laisser-faire qui a toujours marqué la politique de Washington à l'égard des entreprises criminelles d'Israël dans les territoires occupés mais aussi au Liban, en Syrie et ailleurs dans le Monde Arabe.
N'eût été la brillante résistance dont a fait preuve le mouvement du Hezbollah en 2006, le Liban serait aujourd'hui dans un état plus piteux encore. Endormi sur ses lauriers depuis quasiment sa création, ce pays culturellement proche de l'occident croit à tort que ce dernier vient à sa rescousse chaque fois qu'il se trouve menacé notamment par Israël. Or, la réalité est tout autre. Pour preuve, le dernier conflit a montré les limites que s'interdisent de franchir les capitales occidentales s'agissant plus particulièrement des agressions israéliennes menées contre lui.
Secundo, si une simple milice parvient à déstabiliser tout un État fait de bric et de broc, doit-on pour autant la désigner comme unique responsable de la déconfiture de cet État, sachant, de plus, que le Hezbollah fait partie intégrante aujourd'hui du gouvernement libanais et qu'il ne s'est pas imposé par la force des armes mais démocratiquement par les urnes ?
Nombre d'Arabes, d'est en ouest, condamnent l'islamisme intégriste par le côté barbare de ses actions qui ont profondément ensanglanté certains de leurs pays, mais jusqu'à plus ample informé le Hezbollah n'a rien jusqu'ici d'Al-Qaïda ou de l'Aqmi. La nature ayant horreur du vide, il a jugé bon de s'armer parce que les forces de l'État sont incapables de pourvoir aux besoins de sécurité aux frontières qui s'imposent à lui. Doit-on pour cela le condamner, comme semble l'exiger Susan Rice ?