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 Douaniers "ripoux" de Roissy : jusqu'où l'affaire remontera-t-elle ?

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karou

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MessageSujet: Douaniers "ripoux" de Roissy : jusqu'où l'affaire remontera-t-elle ?   Dim 14 Déc - 11:27

Le Point - 12/12/2014
Source : AFP

Deux ans après l'arrestation de sept agents accusés d'avoir volé des millions dans les valises de trafiquants de drogue, l'instruction semble patiner...

Jusqu'où remontera l'enquête sur les douaniers "ripoux" de Roissy ? Deux ans après l'arrestation de sept agents accusés d'avoir volé des millions d'euros dans les valises de trafiquants de drogue, l'instruction semble patiner, face à l'omerta qui entoure ce dossier sans précédent. Des liasses de billets dissimulés dans des bagages à double fond, des trafiquants "victimes" qui ne portent pas plainte, des procédures floues... "C'était difficile de résister", soupire, sous couvert d'anonymat, l'un des fonctionnaires mis à pied. "C'était de l'argent qui n'existait pas, qui ne pouvait être saisi", ajoute l'un de ses anciens collègues, suspendu lui aussi.

Mis en examen en juin 2012 pour vol en bande organisée et blanchiment, ces deux douaniers ont retrouvé la liberté après plusieurs mois de détention. Mais restent obnubilés par cette affaire hors norme qui pourrait leur valoir de lourdes condamnations. "Expérimentés", "bien notés" par leur hiérarchie, ils travaillaient au sein de la "brigade de surveillance 3", chargée du contrôle des bagages sur les tapis roulants de l'aéroport. Un service d'élite, réputé pour ses saisies de cocaïne par dizaines de kilos. "C'était la brigade numéro un des douanes, ils faisaient beaucoup de dossiers", raconte l'un des avocats de la défense, Me Frédéric David. Des affaires réalisées grâce au "ciblage" des passagers, qui donnait parfois lieu, de l'aveu même des fonctionnaires, à des malversations.

Faux P-V

Au cœur de la fraude : le "tri bagage", réalisé dans un flou réglementaire. "On repérait les clients suspects, par exemple ceux qui payaient cash un aller-retour Bogota-Paris. Puis on ouvrait leurs valises à l'abri des regards, avec des clés données par les douanes", raconte l'un des ex-agents. Quand de la drogue était découverte, de faux P-V étaient rédigés, prétendant que la fouille avait été réalisée en présence des passagers. Quand c'était de l'argent, certains douaniers le volaient. La combine, instaurée selon certains témoignages depuis les années 1980, aurait pu durer longtemps si un jour d'avril 2012, les douaniers n'avaient pas eu le malheur de fouiller une valise contenant 640 000 euros. Ils ne savaient pas que son propriétaire, un passeur, était sur écoute.

"Quand il a réalisé que son argent avait disparu, il a paniqué et appelé le cartel pour lequel il travaillait", raconte une source proche de l'affaire. Stupéfaits, les policiers chargés de sa surveillance ont alors visionné les caméras de Roissy. Et aperçu des douaniers voler le bagage sur un tapis roulant. Écoutes téléphonique, filatures... Après quelques semaines d'enquête, sept agents sont interpellés : l'un aurait investi dans des plantations en Afrique, un autre dans un hôtel de passe en Thaïlande, quand un troisième jure n'avoir "pas touché un euro" de son pactole... Au total, près de huit millions d'euros sont découverts sur des comptes en Andorre ou à Hong-Kong. "À l'époque, il y avait l'image du tous pourris", se souvient Philippe Bock, du syndicat Solidaires-Douanes. "On disait que d'autres douaniers étaient sans doute impliqués, que ça allait tomber en rafale."

Lettre anonyme

Deux ans et demi et trois juges d'instruction plus tard, seul un douanier supplémentaire a été mis en examen, fin 2013, ainsi que trois épouses, accusées de recel. Un maigre résultat qui fait bondir les douaniers mis en cause. "Ils font office de vilains petits canards, alors que la pratique était généralisée", dénonce Me Sabrina Goldman, conseil de l'un des mis en examen. "Ils vont payer pour préserver l'image de leur administration", renchérit Me David. Combien de personnes ont touché à l'argent de la drogue ? "Plusieurs dizaines, sans doute 50 ou 60, dont beaucoup sont toujours en fonction", affirme l'un des anciens fonctionnaires, qui a pourtant refusé, en garde à vue, de "donner des noms", pour ne pas passer pour "une balance".

Au grand dam des mis en examen, les juges n'ont pas non plus inquiété la hiérarchie de douaniers voleurs, qui assurent avoir agi au vu et au su de leurs supérieurs. Plusieurs alertes, avant la révélation de l'affaire, auraient été ignorées par la direction. Selon l'un des mis en examen, à la fin des années 1990, un inspecteur avait dressé une liste de noms d'agents qu'il suspectait de malversations. Certains ont été convoqués, mais sans suite.

Trois ans plus tard, une vengeance familiale autour de l'héritage d'un douanier impliqué dans les vols a conduit à l'envoi par un proche d'une lettre anonyme, accompagnée de relevés de compte en banque d'Andorre, à la hiérarchie. Toujours sans suite. "L'administration est mouillée jusqu'au cou", accuse l'un des ex-douaniers. "Elle savait ce qui se passait au tri bagage, mais laissait faire. On faisait tellement de kilos de stups que ça faisait leur carrière", ajoute-t-il, amer.

Grand déballage

Que savait exactement la direction ? Contactée par l'Agence France-Presse, l'administration des douanes refuse de s'exprimer. "Il y a une omerta, s'agissant de pratiques qui salissent l'uniforme", estime Me Goldman. "Que des gradés aient été au courant, c'est possible. Mais il faut faire la distinction entre l'information et la rumeur", met en garde Philippe Bock, du syndicat Solidaires. Faute de preuves, l'affaire pourrait bien accoucher d'une souris. D'autant qu'une grande partie des faits sont a priori prescrits. "Peut-être que les policiers ont tapé trop vite", en faisant tomber le réseau après seulement trois mois d'enquête, relève une source proche du dossier.

Les accusés, eux, rêvent d'un grand déballage. En comptant sur le témoignage d'une éphémère responsable des surveillances à Roissy, aujourd'hui en poste à Nantes, qui s'était à l'époque opposée aux fouilles en l'absence des passagers. Aujourd'hui, "elle a toute l'image de la douane sur son dos", assure l'un des ex-douaniers. Apportera-t-elle des éléments compromettants aux enquêteurs, qui ont reçu récemment une lettre anonyme documentée sur l'implication de certains gradés ? "Il faut que les anciens responsables des douaniers soient entendus", pour "faire la lumière sur les responsabilités situées plus haut", plaide Me Goldman. "Soit la hiérarchie des douanes savait et n'a rien dit, car ça l'arrangeait. Soit elle ne savait pas et elle est incompétente", estime la source proche du dossier. Avant d'ironiser : "Les douanes ne sont pas réputées pour leur incompétence."

(http://www.lepoint.fr/societe/douaniers-ripoux-de-roissy-jusqu-ou-l-affaire-remontera-t-elle-12-12-2014-1889107_23.php#xtor=CS3-190)
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