PortailPortail  AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Nicolas Sarkozy placé en garde à vue dans l'affaire des écoutes

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
M'hand

avatar

Nombre de messages : 434
Date d'inscription : 10/05/2007

MessageSujet: Nicolas Sarkozy placé en garde à vue dans l'affaire des écoutes   Mar 1 Juil - 13:47

Yahoo.com avec Reuters – 1er.07.2014
(Gérard Bon, avec Nicolas Bertin, édité par Gregory Blachier)

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a été placé en garde à vue mardi matin dans les locaux de la police judiciaire de Nanterre (Hauts-de-Seine) dans le cadre d'une enquête sur un trafic d'influence présumé, a-t-on appris de source judiciaire.

Cette mesure imposée à un ancien chef de l'État est une première sous la Ve République.

Nicolas Sarkozy avait été mis en examen dans l'affaire Bettencourt, moins d'un an après sa défaite à la présidentielle, avant d'obtenir un non-lieu en 2013, mais à la suite d'une convocation par un juge.

Le porte-parole du gouvernement, Stéphane le Foll, a assuré sur i>TELE que la justice devait "aller jusqu'au bout", estimant que Nicolas Sarkozy était "un justiciable comme les autres".

"J'ai même été accusé d'être à la tête d'un cabinet noir", a-t-il dit en rejetant les accusations d'instrumentalisation politique de l'affaire lancées par les proches de l'ancien chef de l'État.

L'UMP Valérie Debord a néanmoins dénoncé "une instrumentalisation de la justice contre un homme, contre le retour d'un homme" dans la vie politique.

"Je ne suis pas sûre que ce soit la bonne façon de rendre la justice au nom du peuple", a-t-elle dit sur BFMTV.

"Jamais on n'aura affublé un ancien président d’un tel traitement, d’un tel déferlement de haine", a également déclaré le maire UMP de Nice, Christian Estrosi, sur son compte twitter.

DEUX TÉLÉPHONES SUR ÉCOUTE

Nicolas Sarkozy est arrivé peu avant 08h00 dans les locaux de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), où sa garde a vue lui a été signifiée dans la foulée.

Depuis lundi, trois autres protagonistes de l'affaire, le défenseur de l'ancien président, Thierry Herzog, et deux avocats généraux de la Cour de cassation, Gilbert Azibert et Patrick Sassoust, sont également en garde à vue. Celle-ci a été prolongée de 24 heures.

L'ex-président, qui s'est donné jusqu'à l'automne pour décider s'il fait son retour en politique, est au centre d'une information judiciaire ouverte le 26 février pour trafic d'influence et violation du secret de l'instruction sur la base d'écoutes téléphoniques qui l'ont ciblé, lui et son entourage.

Les enquêteurs soupçonnent un réseau d'informateurs au sein de la justice et de la police d'avoir renseigné Nicolas Sarkozy sur les procédures judiciaires le visant.

Les soupçons sont apparus en marge d'une enquête sur des accusations de financement libyen de sa campagne électorale en 2007, poussant la justice à placer deux téléphones utilisés par l'ex-chef de l'État sur écoute les 3 et 19 septembre 2013.

Ces interceptions auraient révélé que Nicolas Sarkozy et son avocat étaient bien renseignés sur la procédure alors en cours à la Cour de cassation sur l'affaire des soupçons d'abus de faiblesse aux dépens de la milliardaire Liliane Bettencourt.

INSTRUMENTALISATION ?

Les juges cherchent à établir si Nicolas Sarkozy a tenté de faciliter une promotion à Monaco de Gilbert Azibert en échange de renseignements sur l'avancée du dossier.

Me Thierry Herzog a répondu que Gilbert Azibert était affecté à la chambre civile et qu'il n'était pas en position de faire pression sur le président de la chambre criminelle de la Cour de cassation "et les dix magistrats qui la composent".

Mais les enquêteurs ont relevé que l'avocat général avait accès au service intranet de la haute juridiction et qu'il connaissait Patrick Sassoust, qui est membre de la chambre criminelle de la Cour de cassation et est bordelais comme lui.

Rompant le silence qu'il s'était imposé, Nicolas Sarkozy avait dénoncé fin mars dans une tribune au Figaro des méthodes dignes de la Stasi, la police politique de l'ex-RDA, et une "instrumentalisation de la justice" par l'exécutif socialiste.

Pour l'ancien président, la mise sur écoute de ses téléphones ordonnée par des juges revient à "fouler aux pieds les principes sacrés de la République".

(https://fr.news.yahoo.com/nicolas-sarkozy-se-trouve-dans-les-locaux-la-062556590.html)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
mâchicoulis



Nombre de messages : 111
Date d'inscription : 30/10/2010

MessageSujet: Re: Nicolas Sarkozy placé en garde à vue dans l'affaire des écoutes   Mar 1 Juil - 19:55

La garde à vue de Nicolas Sarkozy fait la une des sites d'informations étrangers

Le Figaro.fr - 01.07.2014

Les journalistes étrangers sont nombreux à s'interroger sur l'éventuel avenir politique de Nicolas Sarkozy après cette première garde à vue d'un ex-président français.

La nouvelle a rapidement fait le tour du monde: l'ancien président français, Nicolas Sarkozy, a été placé en garde à vue ce mardi matin. À l'étranger, la mine sombre de l'ex-chef d'État a fait la une de nombreux sites d'informations ce mardi.

« C'est une mesure exceptionnelle qui a surpris la France au réveil. La célérité de cette opération a également surpris l'ensemble de la classe politique », note ainsi le quotidien espagnol El Pais. « Il ne s'agit pas du scénario d'un thriller politique de série B, mais du contenu des conversations entre l'ex-président français et son fidèle avocat Thierry Herzog », relève en Italie La Stampa, quand le Guardian insiste pour sa part sur « cette étape sans précédent ». Le Guardian rappelle de son côté que « Sarkozy n'est pas le premier à devoir affronter la justice ». « En 2011, son prédécesseur, Jacques Chirac, a été reconnu coupable de détournement de fonds et abus de confiance à l'époque où il était maire de Paris, et condamné à une peine de prison avec sursis », ajoute le quotidien britannique.

Nombreux sont également les journalistes étrangers qui s'interrogent sur l'avenir politique de Nicolas Sarkozy après cette garde à vue. « Les multiples affaires qui touchent Nicolas Sarkozy jettent une ombre sur son possible retour en politique, alors que ses partisans le poussent à se lancer dans la course à la présidentielle de 2017 », analyse le Financial Times. En Allemagne, Der Spiegel va même un peu plus loin en affirmant que « le système Sarkozy atteint ses limites ». Toutefois, la BBC minimise l'impact dans l'opinion: « Au cours des deux dernières années, les Français ont pris l'habitude des affaires récurrentes dans la presse soulevant des questions embarrassantes sur l'éthique de leur ancien président. »

(http://www.lefigaro.fr/international/2014/07/01/01003-20140701ARTFIG00354-la-garde-a-vue-de-nicolas-sarkozy-fait-la-une-des-sites-d-informations-etrangers.php#xtor=AL-201)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
mâchicoulis



Nombre de messages : 111
Date d'inscription : 30/10/2010

MessageSujet: Re: Nicolas Sarkozy placé en garde à vue dans l'affaire des écoutes   Mar 1 Juil - 20:08

Peut-on parler "d'acharnement judiciaire" contre Nicolas Sarkozy ?

Francetv.info - 1er.07.2014
par Camille Caldini

L'ancien président de la République a été placé en garde à vue, mardi, dans une enquête sur un possible trafic d'influence et sur la violation du secret de l'instruction.

"Complot", "acharnement", "déferlement de haine"… Les amis de Nicolas Sarkozy ne manquent pas de vocabulaire pour dénoncer le placement en garde à vue de l'ancien président, mardi 1er juillet. Entendu dans une enquête concernant un trafic d'influence présumé et la violation du secret de l'instruction, Nicolas Sarkozy doit répondre aux questions de l'office anticorrupution de la police judiciaire.

Cette affaire s'ajoute à d'autres : Bettencourt, Karachi, le financement libyen de sa campagne de 2007, l'arbitrage Tapie, les sondages de l'Élysée. C'est cette pile de dossiers, qui concernent de près ou de loin leur poulain, qui fait dire aux soutiens de Nicolas Sarkozy que la justice s'acharne contre lui pour l'empêcher de se représenter à la présidentielle de 2017.

Peut-on vraiment parler d'acharnement ? Eléments de réponse.

Non, ce n'est qu'une garde à vue et elle est logique

Nicolas Sarkozy bénéficie de la présomption d'innocence et aucun de ses adversaires politiques, pourtant nombreux à réagir, mardi matin, ne la remet en question. La garde à vue est une simple procédure, qui a plusieurs objectifs. Notamment celui de permettre aux enquêteurs d'interroger une personne pendant 24 heures, renouvelables une fois. Le second est d'empêcher les gardés à vue, lorsqu'ils sont plusieurs, de se concerter. Convoqués tous les deux et non interpellés, Nicolas Sarkozy et son avocat, Thierry Herzog, ont pourtant eu le temps de communiquer avant de se présenter, de leur plein gré, au siège de la police judiciaire, à Nanterre (Hauts-de-Seine).

Mettre en garde à vue un justiciable et son avocat peut-il être vu comme de l'acharnement ? "On pourrait estimer qu'il s'agit d'une stratégie qui vise à mettre hors d'état d'exercer un avocat", analyse le pénaliste Christian Saint-Palais, pour Le Point, reconnaissant toutefois ne pas avoir "d'élément objectif pour le penser". Et c'est bien "la suspicion d'un délit commun (...) qui avait justifié les écoutes téléphoniques de Sarkozy et d'Herzog", constate l'avocat Léon-Lef Forster, et donc leur garde à vue. Nicolas Sarkozy avait en outre la possibilité de faire appel à un autre avocat.

Non, les juges d'instruction n'ont rien inventé

L'acharnement judiciaire n'a pas de définition. Pour Benoît Garnot, spécialiste de l'histoire de la justice, auteur de l'ouvrage Histoire des juges en France, de l'Ancien Régime à nos jours (Nouveau monde éditions, 2014), "quand des éléments à charge sont inventés, quand un juge d'instruction en fait plus que ce qu'il devrait, alors on peut parler d'acharnement".

Cela ne semble pas être le cas dans cette affaire. Les écoutes sur le téléphone de Nicolas Sarkozy ont éveillé de sérieux soupçons de trafic d'influence et de violation du secret de l'instruction. Toutefois, la mise sur écoute de Me Herzog avait soulevé des interrogations quant à leur nécessité et à leur légalité. Elles témoignaient, au minimum, du zèle des juges dans les enquêtes qui concernent l'ancien président.

Oui, il y a au moins l'obstination de certains juges

Entre Nicolas Sarkozy et les juges d'instruction s'est installé depuis longtemps un rapport de force teinté de mépris réciproque. Le Nouvel Observateur racontait, en mars 2013, une "guerre sans merci". Déjà, au ministère de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy prenait les juges d'instruction pour cible. Une fois à l'Élysée, il a voulu supprimer les juges d'instruction, en 2009. Il n'a jamais caché qu'il en détestait certains et les magistrats se souviennent bien d'avoir été comparés à des "petits pois" ayant "la même couleur, le même gabarit et la même absence de saveur".

"En France, il y a toujours un problème de lien entre le politique et la justice", explique l'historien Benoît Garnot. "La façon dont Nicolas Sarkoy a traité la justice a poussé les juges d'instruction à devenir plus indépendants", estime ce spécialiste. Pas seulement indépendants, peut-être revanchards. Nicolas Sarkozy faisait par exemple partie des personnalités épinglées sur le "mur des cons", dans les locaux du Syndicat de la magistrature (SM), classé à gauche. Et une des juges qui a placé l'ex-chef de l'État en garde à vue, Claire Thépaut, est justement membre de ce syndicat.

Non, les affaires ne sortent pas "à chaque fois qu'il bouge une oreille"

La formule est signée Sébastien Huyghe, député UMP du Nord. Mais il n'est pas le seul à soupçonner la justice de sortir les dossiers gênants "à chaque fois que Nicolas Sarkozy bouge une oreille". Nombreux sont les soutiens de l'ancien président qui dénoncent des juges politisés qui veulent empêcher son retour en politique.

Mais c'est oublier que le nom de Nicolas Sarkozy est sorti dans le dossier Bettencourt en 2010, alors qu'il occupait l'Élysée et bénéficiait donc de l'immunité présidentielle. L'enquête sur les sondages de l'Élysée a été ouverte début 2013, à un moment où Nicolas Sarkozy se faisait très discret. Il n'est réapparu qu'en juillet, après le rejet de ses comptes de campagne de 2012.

(http://www.francetvinfo.fr/societe/justice/les-affaires-sarkozy/peut-on-parler-d-acharnement-judiciaire-contre-nicolas-sarkozy_636563.html#xtor=AL-79-[article])
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nassima

avatar

Nombre de messages : 263
Date d'inscription : 02/06/2007

MessageSujet: Re: Nicolas Sarkozy placé en garde à vue dans l'affaire des écoutes   Mer 2 Juil - 12:27

Dans la presse étrangère : « Pauvre Sarko ! Lui qui s'était retiré du cirque politique... »

Le Monde.fr | 02.07.2014 |
par Alexandre Pouchard

« La France est sous le choc », selon le quotidien britannique The Independent. « Tremblement de terre dans la maison UMP », juge, plus nuancé, l'italien Il Tiempo. La garde à vue – et désormais la mise en examen – de Nicolas Sarkozy, mardi 1er juillet, pour une affaire de « corruption » et de « trafic d'influence » présumés dans « l'affaire des écoutes », est un véritable « coup dur » pour l'ancien président et « ses espoirs d'un retour sur la scène politique avant 2017 », selon le Guardian.

« Le système d'écoutes est un vice développé pendant la carrière de gendarme plénipotentiaire [de Nicolas Sarkozy] – comme ministre de l'intérieur puis comme président (…). Mais le "voyeur" [en français dans le texte] a été pris sur le fait avec ses propres méthodes, assène le quotidien espagnol El Mundo, en référence à la mise sur écoute dont a fait l'objet l'ex-chef de l'État. Les magistrats ont utilisé les mêmes méthodes et l'enquête conduit désormais à la malédiction posthume de Kadhafi. Le spectre du tyran libyen menace la crédibilité même de Sarkozy juste au moment où l'ancien chef de l'Etat amorçait son retour sur la scène politique. » C'est en effet à propos d'une enquête sur un possible financement de la campagne présidentielle de 2007 par Mouammar Kadhafi que M. Sarkozy aurait cherché à obtenir des informations couvertes par le secret de l'instruction, voire de modifier le cours de l'enquête.

« IMAGE D'UN CRIMINEL »

Cette mise sur écoute – révélée par Le Monde en mars – marque encore le New York Times, qui juge « cette tactique inhabituellement agressive dans un pays où la fonction de président est vue comme l'incarnation de la nation ».

Les poursuites judiciaires visant Nicolas Sarkozy, un complot pour empêcher le retour de l'ancien chef de l'État ? C'est le discours de ses partisans, sur lequel s'attarde la BBC. « Bien que son traitement aura été plus délicat que celui d'un trafiquant de drogue, (...) [sa garde à vue] restera une profonde humiliation. Et elle fixera l'image de Sarkozy comme d'un criminel dans l'opinion publique », affirme le correspondant à Paris du groupe audiovisuel britannique.

« C'est pour cette raison que ses partisans sont persuadés qu'il s'agit là d'un vaste complot, affirmant qu'il y a ridiculement peu dans le dossier que les magistrats tentent de construire à son encontre. Les plus remontés assurent qu'il s'agit d'un complot coordonné depuis l'Élysée, où Hollande vit dans la peur du retour de son ancien rival.

Les plus nuancés disent qu'il est trop machiavélique de parler de conspiration : qui a besoin d'un complot quand bon nombre de personnes sont prêts à passer à l'acte ? En effet, Sarkozy s'est fait détester par beaucoup de monde au sein du système judiciaire lors de sa présidence
. »

« Victime d'une justice politisée, une théorie exprimée dans de multiples termes et sur tous les tons, voilà qui n'est pas sans rappeler l'éternel débat sur Silvio Berlusconi et le complot supposé des "robes rouges" », souligne malicieusement le quotidien italien Corriere della Sera, en rappelant l'inusable défense de l'ancien président du Conseil, poursuivi dans d'innombrables affaires judiciaires mais jamais condamné définitivement avant août 2013 pour « fraude fiscale ».

Pourtant, rappelle toutefois le Wall Street Journal, « Nicolas Sarkozy n'est pas le premier ex-président français à faire l'objet d'une enquête. Un tribunal a condamné en 2011 son prédécesseur, Jacques Chirac, à deux ans de prison avec sursis pour détournement de fonds, abus de confiance [et prise illégale d'intérêts] ». « Mais M. Chirac n'a jamais eu à subir l'affront public que représente une garde à vue », concède le quotidien.

« DÉVASTATEUR POUR LES ESPOIRS DE RETOUR »

Quoi qu'il en soit, cette mise en examen tombe effectivement au mauvais moment pour Nicolas Sarkozy. « Pauvre Sarko ! Lui qui s'était retiré du cirque politique pour revenir le moment venu, tel le sauveur de la nation, voit son plan de plus en plus compliqué avec tant d'enquêtes judiciaires ouvertes contre lui », décrit le mordant El Mundo.

Pour El Pais :

« Dans une République [française] où les symboles sont quasi-sacrés (...), l'image d'un ancien président interrogé par la police, comme un vulgaire délinquant, est tout simplement impardonnable. Sarkozy devra se battre durement pour démonter les charges pesant sur lui. Et, même s'il a la capacité de s'en sortir, la situation qu'il a connue mardi a été dévastatrice pour ses ambitions politiques. »

« Le dernier rebondissement de l'affaire pourrait être dévastateur pour les espoirs de retour de Nicolas Sarkozy sur la scène politique », abonde le quotidien américain New York Times, qui assure également que :

« Si le scandale nuit considérablement à M. Sarkozy et à la droite, elle provoque aussi l'embarras du gouvernement de François Hollande, qui avait jusque-là cherché à prendre ses distances avec la décision de mise sur écoute. (...) Ces derniers développements arrivent également en plein bouleversement de la politique française, avec la gauche et la droite se dépêtrant chacune dans ses problèmes et le Front national célébrant son score important aux élections européennes. »

Attention toutefois à ne pas enterrer trop vite l'ancien chef de l'État, prévient l'agence de presse américaine Associated Press.

« La détention humiliante et l'affaire sordide vont-elles torpiller les chances de Sarkozy pour son retour présidentiel ? Peut-être pas. Sarkozy est un survivant politique [qui] compte toujours parmi les responsables politiques les plus populaires en France, malgré l'amoncellement des affaires le visant. »

(http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/07/02/la-presse-etrangere-voit-un-avenir-assombri-pour-sarkozy_4449076_823448.html)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jean-Marc

avatar

Nombre de messages : 301
Date d'inscription : 13/07/2007

MessageSujet: Re: Nicolas Sarkozy placé en garde à vue dans l'affaire des écoutes   Mer 2 Juil - 13:13

Le trafic d’influence, sa vie son œuvre

Francetv.info  -  2.07.2014
par Jean-Christophe Piat

Des heures de garde de vue et une mise en examen : l’été commence sur les chapeaux de roue pour Nicolas Sarkozy. Entre autres joyeusetés, l’ancien chef de l’État est soupçonné par la justice de trafic d’influence, un chef d’accusation pas toujours facile à cerner. L’occasion de revenir sur l’affaire qui déboucha sur la création de ce délit – une affaire qui fit d’ailleurs tomber la tête d’un Président, Jules Grévy, voici plus de 125 ans.

La peau d’un Président

2 décembre 1887, place de la Concorde. Des centaines de personnes manifestent bruyamment depuis le matin devant l’Assemblée nationale. Il y a un peu de tout dans cette foule qui rassemble un drôle de mélange de socialistes, de nationalistes pur sucre, et de citoyens ordinaires en pétard.

Vers 13 ou 14 heures, un grand cri de joie éclate : après une semaine à se cramponner à son fauteuil, Jules Grévy, le vénérable Président de la République (80 ans tout de même) vient de céder. Harcelé de toutes parts, il vient enfin d’accepter de quitter ses fonctions, plusieurs semaines après le début d’un scandale qui l’a éclaboussé jusqu’au sourcil : l’affaire des Décorations.

Légions d’honneur à vendre

L’homme par qui le scandale est arrivé s’appelle Daniel Wilson, un député radical d’Indre et Loire. Ah ce Wilson ! Une authentique arsouille. Héritier cousu d’or, affairiste de première, habitué de toutes les entourloupes boursières, propriétaire de quelques imprimeries et de plusieurs journaux, Wilson touche à tout ce qui rapporte. Bref, un homme qui aime l’argent rapide, qui porte beau et qui a surtout le plaisir et l’avantage d’être le gendre de Jules Grévy depuis qu’il a épousé sa fille Alice, à l’Élysée même, quelques années plus tôt.

Ce lien familial ne va pas l’empêcher de mettre beau-papa dans une mouise sans nom, au contraire. Profitant de son poste et de ses contacts, convaincu d’être intouchable, Wilson est depuis six ans le principal bénéficiaire d’un trafic original : des… décorations. Le principe est simple : contre de l’argent, des renseignements, des avantages ou des informations, Wilson joue de son influence pour assurer à ses « clients » la remise de toutes les médailles possibles et imaginables, à commencer par la plus prestigieuses de toutes : la Légion d’Honneur. « Monsieur Gendre », comme le surnomme la presse, facilite les démarches, graisse des pattes, « sensibilise » tel ou tel, bref, met de l’huile dans les rouages pour satisfaire ses clients, avec l’aide de quelques comparses, dont un général et… une tenancière de bordel, Madame Limouzin, dont les confortables divans ne servent pas qu’à soulager un unique type de bourses. On y achète et on y vend médailles, récompenses et autres breloques, au cours du jour.

Et pas qu’un peu.

« Ah quel malheur d’avoir un gendre ! »

L’affaire, révélée par Alfred Capus dans le GauloisJadis, on était décoré content. Aujourd'hui, on n'est décoré que comptant ! »), est dévastatrice pour la jeune République, née dans la douleur moins de vingt ans plus tôt. L’antiparlementarisme connaît une flambée, alimentée par une presse, partagée entre amusement et colère, qui rebaptise ce joli système « Ministère des recommandations et des démarches ». Les chansonniers se payent en grand la binette de Jules Grévy, acculé, soupçonné et déjà condamné par une opinion publique qui ne peut croire qu’il ignorait tout :

   « J'suis un honnête père de famille
   ma seul' passion, c'est l'jeu d'billard
   Un blond barbu, joli gaillard
   Une fois m'demande la main d'ma fille
   Nini, qui s'desséchait d'attendre
   Un parti, m'dit « papa, j'le prends »
   Y sont mariés, mais c'que j'men r'pens !
   Ah quel malheur d'avoir un gendre !
»

Les opposants au Président y voient tous du pain béni. Les monarchistes espèrent bien flinguer l'idée même de République, appuyés en cela par le général Boulanger, qui vient tout juste de se faire virer du ministère de la Guerre. À gauche, on sait que la place du Président est à prendre. Jules Ferry, ancien président du Conseil, guette la succession. Clemenceau, lui, assume sans état d’âme son intention de virer « le vieillard » .

23 000 dossiers et un procès pour rien ?

La démission de Grévy n’empêche pas l’ouverture d’un procès qui ne fait qu’écœurer davantage l’opinion, sidérée par l’ampleur du trafic organisé par Wilson. Organisé comme un véritable service administratif, secondé par une armada de secrétaires et d’intermédiaires, le gendre du Président a répondu en quelques années à un nombre invraisemblable de dossiers de demandes de décorations, venues de France comme de l’étranger : 23 000 en tout en six ans.

C’est plus de dix par jour… Une véritable industrie de l’influence qui lui permet de financer les caisses de ses entreprises et de ses journaux et de maintenir un train de vie qu’on qualifiera gentiment de somptuaire.

Le hic ? Il n’existe strictement aucune délit dans le Code pénal du temps susceptible de répondre à ces faits : Wilson, qui continue de siéger dans l’hémicycle grâce à son immunité parlementaire, est poursuivi pour « corruption de fonctionnaires ». Mais un député n’est pas un fonctionnaire : la procédure échoue et Wilson, condamné à deux ans de gnouf en première instance, sera acquitté en appel. Il retrouvera son siège en toute tranquillité, ignorant superbement les remarques acerbes de ses collègues. Mieux encore : alors que la carrière de beau-papa est définitivement cuite, lui sera réélu à deux reprises dans sa circonscription, en 1893 et 1898.

Une issue guère morale, mais qui aura eu un mérite : face à la rage populaire, le législateur définira un délit pour désigner ce type de corruption : ce fameux trafic d’influence appelé à un brillant avenir dont est aujourd’hui accusé Nicolas Sarkozy.

(http://blog.francetvinfo.fr/deja-vu/2014/07/02/le-trafic-dinfluence-sa-vie-son-oeuvre.html)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ifker

avatar

Nombre de messages : 132
Date d'inscription : 22/08/2009

MessageSujet: Re: Nicolas Sarkozy placé en garde à vue dans l'affaire des écoutes   Mer 2 Juil - 18:16

Affaire Sarkozy : l'hypocrite indignation du bâtonnier de Paris

Libération.fr - 2.07.2014
par Eric DECOUTY



BILLET - Pierre-Olivier Sur (2e en partant de la gauche) à l'Elysée, après une entrevue avec François Hollande, le 20 mars 2014.Pierre-Olivier Sur (2e en partant de la gauche) à l'Elysée, après une entrevue avec François Hollande, le 20 mars 2014. (AFP)

Il est amusant, Pierre-Olivier Sur. Accablé par la mise en examen nocturne de Nicolas Sarkozy, le bâtonnier de Paris a pris dès potron-minet son bâton de pèlerin médiatique pour fustiger l’incurie des juges. Qu’importe qu’il n’ait pas accès au dossier et qu’il ne sache rien de ce que les magistrats détiennent comme pièces. Les traits tirés, presque au bord des larmes, Pierre-Olivier Sur s’en est pris toute la matinée de mercredi à l’enregistrement d’une conversation entre lui et Thierry Herzog, le conseil de Nicolas Sarkozy. Une écoute téléphonique qui révèlerait selon lui la perversité des magistrats et surtout l’illégalité de leur enquête…

Si dans le rôle du tragédien, Pierre-Olivier Sur pourrait recueillir quelques applaudissements, sa diatribe politico-juridique ne le grandit guère. Car au-delà de son indignation surjouée, le bâtonnier oublie que l’avocat est un auxiliaire de justice et qu’à ce titre, il a la responsabilité et même le devoir de participer à son bon fonctionnement. Il oublie que la procédure qu’il dénonce à jusque-là été entièrement validée. Il oublie que si des vices de procédure existent, ils sont contestables non pas sur les plateaux de télévision mais devant la chambre de l’instruction. Il oublie surtout que dans cette affaire, de terribles soupçons pèsent sur de hautes personnalités – un ancien président mais aussi un haut magistrat et avocat célèbre – d’avoir voulu influer sur le cours de la justice.

Plutôt que de s’essayer à l’art dramatique à la télévision, Pierre-Olivier Sur aurait été mieux inspiré de ne pas s’associer aux diatribes sarkozystes contre l’institution judiciaire.

(http://www.liberation.fr/societe/2014/07/02/affaire-sarkozy-l-hypocrite-indignation-du-batonnier-de-paris_1055624)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nabila

avatar

Nombre de messages : 224
Date d'inscription : 14/05/2007

MessageSujet: Re: Nicolas Sarkozy placé en garde à vue dans l'affaire des écoutes   Mer 2 Juil - 18:29

Mise en examen de Nicolas Sarkozy : "Le Monde" charge l'ex-Président

Puremedias.fr - 2.07.2014

Dans son éditorial à paraître cet après-midi, "Le Monde" dénonce "un feuilleton judiciaire désastreux" après la mise en examen de Nicolas Sarkozy pour "corruption active".


La Une du quotidien "Le Monde", daté du 3 juillet 2014.

La photo à la Une du Monde résume à elle seule la gravité de la situation. On y voit Nicolas Sarkozy dans une voiture, le regard hagard, shooté par les photographes au téléobjectif. "Le choc de la mise en examen pour corruption" titre le quotidien, suite à l'annonce, cette nuit, de la mise en examen de l'ex-Chef de l'État pour "corruption active", "trafic d'influence actif" et "recel de violation du secret de l'instruction".

Sans remettre en question la présomption d'innocence dont jouit Nicolas Sarkozy comme "n'importe quel justiciable", Le Monde, dans son éditorial en Une, s'arrête un instant sur la moralité de ce "feuilleton judiciaire désastreux". Rappelant toutes les affaires dans lesquelles l'ex-Président est soupçonné, le quotidien dénonce l'impunité dont certains de ses proches et lui-même croyaient bénéficier.

"La fin justifie les moyens"

"Chacun de ses épisodes – et il ne s'agit là que des principaux – témoigne que, pour ses acteurs et le premier d'entre eux en particulier, la fin justifie tous les moyens. Que la protection de l'ancien président l'ont autorisé, lui et ses proches, à se croire intouchables, au-dessus des lois", écrit le quotidien.

À ses lieutenants, qui s'insurgent depuis plusieurs heures dans les médias, Le Monde leur rappelle un grand principe démocratique. "C'est oublier qu'être dépositaire de l'intérêt général du pays, ou aspirer à le redevenir, suppose une exemplarité incontestable. La morale publique ne se résume pas seulement au respect élémentaire de la légalité, écrit le quotidien du soir. Sauf à saper gravement la confiance des citoyens, elle implique que les responsables politiques soient au-dessus de tout soupçon". Puis Le Monde conclut: "À l'évidence, ce n'est pas le cas de M. Sarkozy".

(http://www.ozap.com/actu/mise-en-examen-de-nicolas-sarkozy-le-monde-charge-l-ex-president/454089)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Alain



Nombre de messages : 160
Date d'inscription : 25/06/2010

MessageSujet: Re: Nicolas Sarkozy placé en garde à vue dans l'affaire des écoutes   Mer 2 Juil - 19:23

Mis en examen, "Nicolas Sarkozy va devoir assumer devant les Français"

Le Nouvel Observateur avec AFP - 2.07.2014

REVUE DE PRESSE. "Justiciable comme les autres", Nicolas Sarkozy qui "n'a jamais fait de la morale la première vertu de son action" doit faire face à "un nouvel accroc judiciaire". Pour les éditorialistes il faut que justice passe.


Unes des journaux du 2 juillet 2014. (Capture d'écran)

Si plusieurs éditorialistes, avant d'avoir connaissance de la mise en examen de Nicolas Sarkozy, considèrent mercredi 2 juillet que l'ancien président est un "justiciable" comme un autre, certains estiment cependant que la justice "fait le sale boulot" pour empêcher l'ancien chef de l'État de reprendre la tête de l'UMP.

"Même s'il n'est pas un citoyen lambda, Nicolas Sarkozy doit être traité comme un justiciable ordinaire", affirme Dominique Garraud dans "La Charente Libre", même s'il "joue indéniablement dans cette garde à vue une sorte de quitte ou double à la fois judiciaire et politique".

Car peut-on sérieusement envisager qu'un ancien Président convaincu de trafic d'influence et d'atteintes récurrentes à l'indépendance de la justice puisse un jour se représenter et conquérir les suffrages des Français ?

"Le choc est grand de voir un ancien président de la République en garde à vue. Mais, après tout, n'est-il pas redevenu un justiciable comme un autre ?", feint de se demander Yves Thréard dans "Le Figaro".

Tout en insistant sur le fait que "les juges travaillent selon la technique du filet dérivant", qu'ils passent "d'une affaire à l'autre, traquant la faille. En vain. Mais se raccrochant aussitôt à une nouvelle branche" et tout en reconnaissant que Nicolas Sarkozy est "aujourd'hui dans un tourbillon judiciaire exceptionnel".



Et l'éditorialiste de jouer la carte du complot : "Sarkozy, justiciable comme un autre, vraiment ? Ces juges d'instruction qui n'ont pas oublié que l'ancien président de la République les a traités de 'petits pois' et qu'il voulait supprimer leur fonction. Ces juges qui ont signé une tribune dans la presse pour souhaiter sa défaite."

Avant de relancer une diversion sur la polémique Taubira : "Et dire que Christiane Taubira a affirmé qu'elle ne savait rien avant d'être prise en flagrant délit de mensonge à la télévision. Sarkozy, justiciable comme un autre, vraiment ?"

"Assumer devant les Français"

"S'il souhaite encore revenir en politique et même reconquérir le pouvoir, Nicolas Sarkozy va devoir assumer devant les Français ce que les enquêtes ont révélé", clame Eric Decouty dans "Libération". "Même si l'ex-chef de l'État n'a jamais fait de la morale la première vertu de son action, il ne peut mépriser certaines valeurs essentielles de notre démocratie. [...] En sachant qu'il ne restaurera pas son éthique en reprenant à la hussarde les rênes de l'UMP."



Pour Yann Marec  du "Midi Libre", "ce nouvel accroc judiciaire bouscule son calendrier de prise de parole".

Il voulait parler aux Français pour dessiner les nouveaux contours du bateau France. Il parlera peut-être, mais... à la barre d'un tribunal !, ironise l'éditorialiste.

"Les Français qui assistent en direct à ce déballage médiatico-judiciaire aimeraient que les acteurs politiques de demain écrivent sur des pages blanches sans tache ni rature. L'avis est lancé : les incompétents et les magouilleurs ne seront pas à l'affiche en 2017."

"Tourner la page du sarkozisme"

"On n'est plus dans la logique des petits meurtres en famille, mais à ciel ouvert" souligne Patrice Chabanet dans "Le Journal de la Haute-Marne".

Sans le vouloir, les juges sont en train d'imposer le tempo de la vie politique, du moins à droite. Quant au casting de 2017, la Justice en détient forcément les clés : la balance penchera-t-elle vers d'éventuelles mises en examen ou vers des non lieux ? C'est désormais LA question.

"Si Nicolas Sarkozy devait être mis en examen, soyons clairs, c'est objectivement la Justice qui ferait le sale boulot", ajoute-t-il car selon lui, "Fillon, Juppé, Bertrand veulent tourner la page du sarkozisme".

Un sentiment partagé par Philippe Waucampt du "Républicain lorrain" reconnaissant que ses "rivaux les mieux placés", à savoir Alain Juppé et François Fillon, sont persuadés que "le boulet des affaires est trop lourd pour qu'il puisse envisager de se représenter" :

"Les chances de l'emporter avec une nouvelle candidature Sarkozy s'amenuisent à mesure que l'étau de la justice se resserre sur l'ancien président. Ce qui est certain, c'est que celui-ci se battra jusqu'à ce que mort s'ensuive, le moindre signe de faiblesse étant assuré de lui être fatal."

"À bonne école, entre Balladur et Pasqua"

Faisant allusion aux propos tenus par Nicolas Sarkozy à l'encontre des juges d'instruction traités de "petits pois", "cette toute petite phrase prononcée au faîte du pouvoir interdira peut-être à Nicolas Sarkozy le retour triomphal auquel il n'avait, au fond, jamais renoncé", écrit Yves Harté dans "Sud-Ouest".

Pour Jean-Michel Helvig de "La République des Pyrénées" : "Il ne serait pas impossible que Nicolas Sarkozy échappe au final à toutes les poursuites engagées, tant que des proches accepteront de servir de coupe-circuit judiciaire, préservant de la sorte celui qui ne rêve que de revanche présidentielle en 2017. De même dans l'affaire Bygmalion qui a révélé au grand jour les invraisemblables dépenses de la campagne présidentielle de 2012, qui va être prêt à se sacrifier pour que Nicolas Sarkozy ne soit pas accusé d'avoir été au courant des quelque 10 millions d'euros de fausses factures réalisées par l'UMP pour maquiller les comptes ?"

L'analyse de David Guévart du "Courrier Picard", intraitable, résonne enfin comme un réquisitoire :

"Avocat d'affaire, chef de parti, il aime tirer les ficelles. Il adore être attendu comme le Messie, et c'est lui qui avait consolidé l'union de la droite avec l'UMP, aujourd'hui en train de partir en cacahuètes. Il connaissait surtout bien les combines pour financer une campagne, entretenir les relations opportunes."

Il avait été à bonne école, entre Balladur et Pasqua. La ligne blanche a sans doute été souvent franchie. La justice peine à le démontrer. Sans s'acharner, celle-ci doit aller au bout de ses investigations.

"Justiciable comme les autres, Nicolas Sarkozy doit l'être en répondant de faits qui peuvent lui être reprochés, et en demeurant présumé innocent tout au long de la procédure. Qu'il ne s'étonne pas si ces épisodes sont médiatisés, lui qui s'est tant exposé quand ça l'arrangeait. Il s'est voulu fascinant ? C'est gagné : il fascine. Tant pis pour lui."





(http://tempsreel.nouvelobs.com/justice/20140702.OBS2360/mis-en-examen-nicolas-sarkozy-va-devoir-assumer-devant-les-francais.html)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tinhinane

avatar

Nombre de messages : 233
Date d'inscription : 12/05/2007

MessageSujet: Re: Nicolas Sarkozy placé en garde à vue dans l'affaire des écoutes   Ven 4 Juil - 11:19

Nicolas Sarkozy déclassé et en sursis

La Tribune.fr - 4.07.2014
par Jean-Christophe Gallien (Professeur associé à l'Université de Paris 1 la Sorbonne) - Photo ci-dessous
 

Nicolas Sarkozy a brûlé la formidable cartouche du 20 heures pour ne parler que de lui. Il ne lui suffira pas de se montrer combatif pour avoir la moindre chance de revenir.

Même si derrière l'accusation grave de « corruption active », le risque de l'inéligibilité pointe; c'est moins cette nouvelle séquence judiciaire frappant Nicolas Sarkozy que l'atmosphère générale qui a mobilisé l'engagement d'une contre-mesure aussi puissante que le 20h de TF1. La riposte médiatique la plus exceptionnelle qui soit. Devant plus de 8 millions de Français, l'ex-Président de la République est apparu très en colère. Prêt à en découdre avec des adversaires qu'il a désignés sans ménagement. On voudrait le tuer politiquement. Il ne se laissera pas faire.

Une fenêtre de tir...

Loin de la débâcle annoncée, dans sa défaite très mesurée de 2012, Nicolas Sarkozy avait poussé la porte d'une suite politique possible sinon probable. Il avait même finalement battu Marine Le Pen qui pensait pourtant l'éliminer. Quelques mois plus tard, s'est même ouverte une fenêtre de tir, celle des regrets de nombreux électeurs qui l'avait abandonné.

C'était avant les hésitations du Commandeur de l'UMP, avant la dolce vita avec Carla vendue aux magazines people et aux médias en général, avant les affaires qui s'enchaînent non seulement pour la classe politique dans son ensemble, pour l'UMP son parti, et surtout pour lui-même.

La fin de la "Sarkonostalgie"

En ce printemps 2014, il n'y a plus vraiment de « Sarkonostalgie ». Sa popularité diminue au fil des épisodes judiciaires, Bygmalion et maintenant celui des écoutes. On évoque même parfois les contours incertains de la campagne de 2007 et que dire de celle d'Édouard Balladur en 1995 et son financement toujours en question.

Le leadership de Nicolas Sarkozy, son autorité ont été très contestés ces dernières semaines. D'abord par l'envie de certains de le voir définitivement tourner la page et de disparaître du champ politique actif. Par d'autres aussi qui expriment, au grand jour désormais, une lassitude quant aux alternances des postures narratives utilisées par l'ex-président, tour à tour dans le registre du recours, puis du devoir ou celui de la nécessité. Les mêmes qui regrettent le doute né de l'incertitude d'un retour toujours annoncé mais sans cesse repoussé. Ne restent dans l'espérance que les fidèles de Nicolas Sarkozy.

Brûler la formidable cartouche du 20 heures...

On sent bien que c'est davantage ce climat général, cette atmosphère lourde et menaçante pour ses ambitions qui l'ont poussé à réagir maintenant et brûler la formidable cartouche du 20 heures, au cœur de la tourmente. Il aurait pourtant pu attendre qu'une éventuelle victoire des bleus face à l'Allemagne ce vendredi ne balaie l'épisode dans sa magie collective. Il aurait même pu laisser passer la douceur de l'été, son tour de France et ses grandes vacances.

... en oubliant de parler des Français

Il a choisi de réagir et de tenter de reprendre la main, même de manière éphémère. En se projetant au delà du contexte, en se reliant aux Français directement, en abordant leurs difficultés, ses propositions de solutions, son engagement, sa vision, ... Non, il n'en fut rien. Nicolas Sarkozy a juste tenté de déplacer l'enjeu de la séquence, de sa faute présumée vers le complot d'un système qui le pourchasse. Il a parlé de lui, de ses malheurs, pas de ceux des Français, encore moins d'eux.

Un simple acte d'audience

Pire, cette intervention fut projetée, en réaction à une séquence non maîtrisée, au cœur d'un contexte dramatique de première garde à vue pour un Président dans l'histoire de la Cinquième République. Un déclassement central pour celui qui se voulait, il y a peu, le Guide défenseur d'une France dans la tempête et qui se présente mercredi soir en bagarreur allant régler ses propres comptes tout en en appelant au soutien du Peuple.

Certes, Nicolas Sarkozy fait vendre, nous l'écrivions récemment, et les Français étaient pour une partie d'entre eux au rendez-vous de l'ex-président. Mais cet appel à la mobilisation générale en sa faveur, contre une justice et un exécutif avides de revanche, a très peu, trop peu de chance de mobiliser qui que ce soit au delà des clients extrêmes du sarkozysme.

Cette séquence pouvait créer une valeur politique élargie si scénarisée, mise en scène et jouée positivement dans une démarche de (re)conquête. Dans ce contexte, ce ne fut qu'un acte d'audience.

La combativité ne suffit pas

Nicolas Sarkozy reste en vie politique mais il ne peut plus penser gagner ainsi. Sa marge de supériorité n'existe plus. Il doit certes nourrir la fidélité de ses troupes mais, même au sein de l'UMP, il lui faut séduire, emporter, créer la préférence, pas seulement démontrer la combativité d'un homme politique qui se plonge lui même au cœur d'un discrédit se généralisant et qui de ce fait se banalise, nourrit grassement le célèbre « tous pourris » et conforte définitivement le non moins partagé « y'a pas de fumée sans feu » ...8% des Français font confiance aux partis politiques. 69% des Français jugent que la démocratie fonctionne mal. 87% des Français pensent que les hommes politiques ne se préoccupent pas de leurs problèmes et 65% estiment qu'ils sont corrompus ! Qui dit mieux !

(http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20140704trib000838481/nicolas-sarkozy-declasse-et-en-sursis.html#xtor=AL-13)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nassima

avatar

Nombre de messages : 263
Date d'inscription : 02/06/2007

MessageSujet: Re: Nicolas Sarkozy placé en garde à vue dans l'affaire des écoutes   Ven 4 Juil - 12:01

Sarkozy: Taubira évoque « une méthode de diversion assez éculée »

20Minutes.fr - 3.07.2014


Christiane Taubira, ministre de la Justice

RÉACTION - La Garde des Sceaux n'avait pas encore évoqué publiquement la mise en examen dans la nuit de mardi à mercredi de l'ancien chef de l'État...

La ministre de la Justice Christiane Taubira estime que Nicolas Sarkozy a adopté après sa garde à vue et sa mise en examen « une piètre ligne de défense, une méthode de diversion assez éculée », dans un entretien à paraître vendredi dans les quotidiens régionaux du groupe Ebra.

« Des griefs sont énoncés et M. Sarkozy a droit à la présomption d'innocence comme tout justiciable », déclare la garde des Sceaux, qui n'avait pas encore évoqué publiquement la mise en examen dans la nuit de mardi à mercredi de l'ancien chef de l'État pour corruption, trafic d'influence et recel de violation du secret professionnel.

« Méthode de diversion assez éculée »

« Autant je m'interdis de commenter une affaire en cours, autant je respecte la présomption d'innocence. Je ne porterai donc pas d'appréciation sur la culpabilité éventuelle de M. Sarkozy », insiste la ministre.

« Je constate simplement que tout justiciable n'a pas le loisir de venir à la télévision pour expliquer comment il a été "maltraité". Je pense, d'un point de vue politique, que c'est une piètre ligne de défense et, en même temps, une méthode de diversion assez éculée », ajoute-t-elle.

Mercredi soir, sur TF1 et Europe1, Nicolas Sarkozy a fustigé les pratiques des deux femmes juges d'instruction qui l'ont mis en examen, estimant qu'elles avaient voulu l'humilier" en ordonnant son placement en garde à vue plutôt que de le convoquer directement dans leur cabinet. Des méthodes que l'ancien président a voulu lier au fait que l'une des juges appartient au Syndicat de la magistrature (SM), marqué à gauche.

La comparaison avec Cahuzac « injustifiée »

À la question de savoir si la garde à vue était nécessaire, Christiane Taubira répond que « ce sont les juges qui décident » et qu'elle « ne commente pas les décisions de justice, ni les procédures ».

Nicolas Sarkozy fait remarquer que l'ancien ministre du budget Jérôme Cahuzac, poursuivi dans une affaire de fraude fiscale, n'a pas fait une seconde de garde à vue. « La comparaison ne me paraît pas justifiée pour la simple raison qu'une fois que le parquet a disposé d'éléments concernant M. Cahuzac, celui-ci a été convoqué. Il a reconnu les faits. La garde à vue sert à établir les choses », constate la garde des Sceaux.

Outre Nicolas Sarkozy, son avocat historique, Thierry Herzog, et un haut magistrat à la Cour de cassation, Gilbert Azibert, ont également été mis en examen mardi.

« La seule question est de savoir si les choses ont été faites dans le respect du droit », estime Christiane Taubira dans son entretien au Bien Public et au Journal de Saône et Loire repris par les autres quotidiens du groupe Ebra. « Les juges appliquent le code de procédure pénale », dit-elle, tout en s'interrogeant: « Notre droit est-il suffisamment protecteur des libertés en la circonstance? »

« Les avocats font partie des professions protégées, comme les magistrats, journalistes, parlementaires, médecins. Je ne prends vraiment pas à la légère les écoutes qui sont incontestablement intrusives, mais la justice doit disposer de moyens pour construire des procédures », conclut-elle.
A.D. avec AFP

(http://www.20minutes.fr/article/1414487/ynews1414487?xtor=RSS-176)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Nicolas Sarkozy placé en garde à vue dans l'affaire des écoutes   

Revenir en haut Aller en bas
 
Nicolas Sarkozy placé en garde à vue dans l'affaire des écoutes
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Victor HUGO (1802-1885) Garde à jamais dans ta mémoire
» Le couple Sarkozy dans un épisode des Simpson !!
» L’étrange discours sur la Culture de Nicolas Sarkozy
» Nicolas Sarkozy au petit journal
» Nouvelle Marianne de Nicolas Sarkozy

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Actualité internationale-
Sauter vers: