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 "Être prof' est épuisant et apporte peu de reconnaissance"

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Ghania

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Date d'inscription : 14/05/2007

MessageSujet: "Être prof' est épuisant et apporte peu de reconnaissance"   Lun 30 Jan - 17:07

L'Express.fr - 30.01.2012
par Caroline Politi

Selon une étude parue ce lundi, 14% des agents de l'Éducation nationale s'estiment en situation d'épuisement professionnel. Le chercheur Georges Fotorinos revient pour L'Express sur ce malaise enseignant.

Le stress au travail n'épargne pas les profs. Selon une étude du Carrefour santé social parue ce lundi, 14% des agents de l'Éducation nationale s'estiment en situation d'épuisement professionnel et un sur quatre est en situation de tension au travail. Les CPE, les enseignants d'école élémentaire et du collège, les hommes et les plus de 55 ans sont les premiers touchés. Le chercheur Georges Fotorinos revient pour L'Express sur le malaise enseignant.

- Comment s'explique ce malaise dans l'éducation nationale?

- L'exercice du métier de prof' est devenu particulièrement difficile. Enseigner près de 40 ans la même matière créé un sentiment de monotonie et de lassitude. D'autant que les conditions sont de plus en plus difficiles: plus d'élèves, de problèmes de discipline, un emploi du temps particulièrement chargé... Imaginez lorsque vous avez six heures de cours dans la même journée, le nombre d'heures de préparation en amont, les copies à corriger, l'énergie déployée pendant la journée. C'est un métier épuisant et qui apporte peu de reconnaissance. Auparavant, les profs jouissaient d'une bonne réputation dans la société. Aujourd'hui, ils sont décrits comme des fainéants, toujours en vacances, qui passent leur temps à se plaindre...

De plus, on se rend compte en parlant avec les enseignants, que le conflit de valeurs est particulièrement important dans cette profession. Une large partie des profs a choisi ce métier par vocation. Or, en enseignant, on se rend compte que l'école est plus une "gare de triage", c'est-à-dire un lieu de sélection, qu'un endroit ouvert à tous. Ceux qui sont au niveau n'ont pas de problèmes, les autres sont rapidement mis sur le bord de la route.

- Le sentiment de lassitude, de ne pas être suffisamment formé ou de ne pas être soutenu par sa hiérarchie existe dans tous les métiers...

- Oui mais la grosse différence avec un "travail classique", c'est que les enseignants sont face à une "matière vivante". Dans une entreprise classique ou dans un métier de service, les salariés ne sont pas confrontés en permanence à vingt-cinq clients en même temps. Les professeurs sont seuls devant une classe et doivent faire passer un message, être garants de l'autorité et être à l'écoute. Et toutes les heures, ils changent de classe et de public. Ils doivent donc tout reprendre à zéro. C'est épuisant. De plus, leur objectif est énorme: d'eux dépend, en partie, la réussite des élèves.

- Selon vous, ce sentiment de burn-out toucherait principalement les jeunes profs?

- Si ce travail est devenu, d'une manière générale, de plus en plus difficile, les jeunes professeurs en dessous de 30 ans sont les plus exposés au burn-out. Ils sont de moins en moins formés aux techniques pédagogiques avant de prendre le contrôle d'une classe et se sentent donc livrés à eux-mêmes. Quand on est parachuté dans une classe, sans les outils nécessaires pour atteindre ses objectifs, gérer les conflits ou faire face à une classe très hétérogène, les risques de craquer physiquement et moralement sont plus importants.

- Ce sentiment est-il fort dans les établissements d'enseignement prioritaire?

- Étonnamment, le burn-out est beaucoup moins prégnant dans les zones considérées comme difficiles. Certaines études ont même montré que le moral de l'équipe pédagogique est plutôt bon dans les ZEP. Cela s'explique d'abord par le fait que les professeurs se sentent utiles dans ces collèges et lycées difficiles, ils voient tout de suite le fruit de leur travail. Par ailleurs, l'adversité créé des liens. Dans ces établissements, pour s'en sortir, il faut travailler en groupe, les professeurs sont donc beaucoup plus solidaires que dans les écoles classiques. Ils mettent en place des projets pédagogiques et les liens qui les unissent sont plus forts.

- Comment faire pour limiter ce sentiment de burn-out dont sont victimes les professeurs?

- Il faut agir sur différents tableaux. Il faut d'abord développer la médecine du travail. Dans l'Éducation nationale, il n'y a que 70 médecins de prévention pour 1,1 million de salariés. Même si le gouvernement a augmenté les effectifs, on est encore loin du compte. Il est également nécessaire de repenser l'aménagement du temps de travail. L'organisation en "matière" est aujourd'hui très éprouvante. Il faut essayer de mettre en place des groupes de travail et des projets entre les profs. Et ainsi casser la monotonie du travail.

(http://www.lexpress.fr/actualite/societe/etre-prof-est-epuisant-et-apporte-peu-de-reconnaissance_1076921.html)
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