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 L'homme offre souvent de lui l'image de l'animal le plus ignoble

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Ouahiba

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Nombre de messages : 227
Date d'inscription : 14/05/2007

MessageSujet: L'homme offre souvent de lui l'image de l'animal le plus ignoble   Lun 14 Juin - 20:06

Rue89 publie un témoignage très bouleversant d'une jeune femme prise subitement dans les griffes de l'une de ces organisations criminelles qui vivent, telles des sangsues, de la chair humaine.

Pourtant étudiante, d'âge mûr, elle avait déjà 24 ans au moment des faits, et militante dans une association à caractère humanitaire, la malheureuse ne pouvait pas prévoir que sa propre amie la livrerait à des mains criminelles et qu'elle endurerait des années durant le calvaire qui a été le sien.

Voici ce témoignage, fort instructif à plus d'un titre.

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Jana, kidnappée en Europe pour esclavage sexuel, témoigne

Par Carole Vann | Tribune des droits humains | 13/06/2010

Etudiante en Slovénie, Jana Kohut a été enlevée par un réseau de trafic humain. Six ans plus tard, elle témoigne devant les diplomates onusiens du Conseil des droits de l'homme.

« Je m'appelle Jana Kohut, je suis née en Bosnie, j'ai 30 ans. En septembre 2004, j'ai emménagé à Ljubjana, en Slovénie, pour mes études universitaires. Une de mes nouvelles connaissances, Romana, m'a proposé de partager son appartement. Rapidement, Romana, par sa gentillesse, est devenue mon amie, ma confidente.

Comme je cherchais du travail à côté de mes études, un jour, Romana m'a annoncé qu'elle avait arrangé un entretien d'embauche avec une société de comptabilité. Une femme m'attendait.

Au bout de dix minutes d'entretien, deux hommes ont surgi, m'ont entraînée dans une voiture. Je me débattais, je hurlais. Ils m'ont bandé les yeux. Arrivés à destination, ils m'ont violée et frappée ; puis ils m'ont injecté de l'héroïne et forcé à porter des accessoires pornographiques… Je n'ai plus jamais revu Romana
. »

Quatre mois d'enfer

Ce jour d'octobre 2004, Jana comprit immédiatement qu'elle était tombée dans les filets d'un réseau de trafic humain. Quatre mois durant, la jeune femme n'a été plus qu'un corps enfourché jour et nuit par des hommes « de tout âge, de toute catégorie sociale : des intellectuels, des travailleurs, des chômeurs, des policiers -en uniforme, des criminels ».

« Mes geôliers m'affamaient et me droguaient pour me rendre plus docile. Si je résistais, ils me violaient et me battaient. Ils menaçaient de s'en prendre à ma petite sœur de 10 ans. Ils me forçaient à appeler ma mère pour la rassurer. Ils me faisaient sans cesse changer de lieu. Ils m'enveloppaient nue dans un drap, me bandaient les yeux et me jetaient dans la voiture. »

Un jour, on lui glisse son passeport sous la porte. Jana réussit à s'échapper.

Six ans plus tard, le 2 juin 2010, Jana est invitée à Genève pour raconter son histoire devant les délégations du Conseil des droits de l'homme, qui tient sa 14e session. Une initiative inédite du UN Global Initiative to Fight Human Trafficking qui permettait d'appuyer la présentation du rapporteur spécial sur le trafic des personnes, Joy Ngozi Ezeilo, par des témoignages directs.

Comme celui de Jana ou de Charlotte Awino, kidnappée à 14 ans dans son pensionnat en Ouganda par l'Armée de résistance du seigneur et réduite à l'état d'esclave sexuelle durant huit ans. Ou encore de la Vénézuélienne Kikka Cerpa, aussi réduite à l'esclavage sexuel, et du Népalais Kumar Ramjali, leurré par de fausses promesses et embrigadé de force dans une base militaire en Irak.

Ces témoignages sobres et terribles ont secoué les diplomates onusiens plutôt habitués aux bras de fer politiques.

Selon des estimations de l'Organisation internationale du travail (OIT), 2,4 millions de femmes, d'hommes et d'enfants sont chaque année victimes de la traite dans le monde. Des chiffres sous-estimés, d'après les organisations de défense des libertés.

Rien que pour l'Europe, Amnesty International estime à 500 000 le nombre annuel de victimes, la majorité étant des femmes et des jeunes filles forcées à se prostituer. Et le phénomène ne fait que s'amplifier.
« Former et sensibiliser »

Pourtant, c'est bien le témoignage de Jana qui a créé le plus de perplexité. Une étudiante de 25 ans en pleine Europe, qui plus est militante dans une ONG de défense de droits de l'homme.

« Je savais que ces trafics existaient, mais je ne me sentais pas du tout concernée, explique-t-elle. C'est difficile de ne pas tomber dans le piège. Il suffit d'un moment de faiblesse. Ces rabatteurs, comme Romana, prennent le temps qu'il faut pour gagner votre confiance. »

Aujourd'hui, Jana vit à Berlin où elle se consacre à l'art mais aussi à la lutte contre ce fléau :

« Pour cela, il faut investir chaque pore de la société, ne pas laisser d'espace vide. Il faut former et sensibiliser les juristes, les magistrats, les médecins, créer des réseaux.

A Berlin, quand un chien est kidnappé, tout le monde se mobilise pour le retrouver. Les gens se connectent sur Internet, il y a des brigades de quartiers qui font des recherches. Chacun se sent concerné. Il faudrait la même solidarité pour les enlèvements de personnes
. »

A ce jour, Jana n'a toujours pas porté plainte.

« Je n'arrive pas à aller à la police, c'étaient mes violeurs. Pourtant je sais qu'il faudra que je fasse le pas un jour. »
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