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Bongo et N’Guesso inquiétés par la Justice, rien n'est moins sûr
Jeu 21 Juin - 21:36 par Mahmoud
Sur plainte de trois associations, le parquet de Paris est appelé à ouvrir une enquête préliminaire à l’effet d’établir l’origine des fonds ayant permis à deux présidents inamovibles d’Afrique, Omar Bongo, du Gabon et Sassou N’Guesso, du Congo, de mettre la main sur des propriétés de grande valeur, principalement situées dans la région parisienne. Bongo, d’un côté, posséderait un hôtel particulier et quatre appartements situés dans le XVIe arrondissement. N’Guesso, de l’autre, disposerait, lui, d’un appartement à Paris et d’un hôtel particulier de 700 m² dans les Yvelines, estimé selon Le Figaro entre 5 et 10 millions d’euros. Un luxueux appartement de 550 m² à Courbevoie (Hauts-de-Seine) et d’autres biens immobiliers auraient été identifiés comme appartenant aux proches de ce dernier.

Me Bourdon, président de Sherpa, un réseau international de juristes signataires de la plainte avec deux autres associations, Survie et la Fédération des Congolais de la diaspora, estime que : "Ce n’est pas leur salaire de président qui peut expliquer les ressources considérables qui ont été nécessaires pour acquérir ces biens".

Pour les plaignants, il est temps, en effet, de "mettre fin au sentiment d’impunité tranquille de ceux qui chaque jour appauvrissent l’Afrique en se constituant des patrimoines considérables en France et ailleurs".

D’ailleurs, nombre d’éléments argumentant la plainte viendraient de rapports d’organisations internationales, comme l’ONU, l’OCDE, l’UE, et d’ONG telles que Transparency international, etc., ou encore du rapport, du Comité catholique contre la faim qui avait inventorié les biens appartenant à des dirigeants africains, rendu public à la veille du sommet Afrique-France de Cannes, en mars dernier.

D’aucuns relient cette intrusion de la justice dans les affaires « françafricaines » au départ de Chirac qui avait trop longtemps couvert nombre de ses amis, dictateurs africains, pour préserver les intérêts supérieurs de la France dans ce continent. Il ne semble pas que son successeur à l'Elysée soit du même avis, lui à qui l’on impute cette sortie fracassante, mais louable, dans un souci de nettoyage bienvenu que les Africains ne manqueront pas de saluer le moment venu.

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