Le cargo allemand MV Victoria, battant pavillon Antigua et Barbuda, qui a été capturé le 11 mai dernier au large de la Somalie, avec 11 hommes à bord, vient d'être libéré, annonce le ministère allemand des Affaires étrangères.
Il a pris le large, non sans que ses propriétaires n'eussent versé au préalable, 1,8 million de dollars de rançon aux pirates.
Plus de 130 navires sont tombés entre les mains de ces derniers durant l'année dernière, obligeant les puissances occidentales, russe et chinoise à dépêcher dans ces eaux des navires de guerre pour assurer la protection de la marine marchande qui les emprunte.
Malgré les coups pourtant dissuasifs qui leur ont été principalement assenés par la flotte française, les pirates poursuivent toujours leur exercice maléfique, mais ô combien rémunérateur, au large des côtes somaliennes.
Quand l'on sait que le pays est lui-même déstabilisé depuis maintenant près de deux décennies par une guerre civile menée par les islamistes, l'on imagine la raison d'être de cette piraterie, face à laquelle les pouvoirs publics somaliens désarmés ne peuvent strictement rien.
C'est la stabilisation de la Somalie que la communauté internationale aurait dû entreprendre comme tâche première, sans laquelle l'ordre ne peut y être rétabli, et non par l'envoi de flottes de guerre destinées à réprimer les actes criminels commis en mer. Tout le peuple somalien aurait profité d'un retour aux conditions normales de sécurité et aurait lui-même avantageusement contribué à l'élimination de cette plaie indigne qui porte atteinte à la dignité de la Somalie.