C'est en principe le 7 juin prochain qu'aura lieu le second tour des élections présidentielles devant départager Hamid Karzaï de son challenger Abdullah Abdullah, son ex ministre.
L'on sait que les résultats définitifs du précédent vote, s'ils ont avantagé grandement Karzaï dans un premier temps en lui accordant 55 % des voix, ont fini par lui en faire perdre 10 % et ramener ainsi son score à 45 % seulement, après un nouveau décompte des bulletins opéré sous le contrôle des forces occupantes.
L'on sait aussi que Karzaï, qui n'est plus en odeur de sainteté auprès de ses puissants appuis d'hier, les USA en particulier, n'arrangerait guère les affaires de ces derniers, s'il était réélu à leur grand déplaisir. Tout le monde lui reproche non seulement le développement inconsidéré de la corruption et de la culture des narcotiques dans son pays mais le double jeu qu'il est suspecté de mener en apparté avec les Talibans. Se disant prêt à leur offrir des fauteuils dans son cabinet, Karzaï applique quasiment la même politique que le régime algérien. Pour avoir la paix à n'importe quel prix, ce dernier a déjà consenti et s'apprête à consentir bien des compromis au mouvement terroriste qui menace sa propre survie. Et Karzaï, en fidèle adepte de la théorie algérienne, accepte lui aussi de jouer le jeu avec ses Talibans, l'essentiel étant qu'il garde le pouvoir.
Abdullah, le challenger, qui joue quasiment perdant à cette démonstation insensée semble à présent vouloir se ressaisir en exigeant des garanties quant à l'honnêteté des suffrages à venir. Sachant que rien n'est moins sûr, il menace de se retirer de la course, si d'ici samedi prochain, il n'est pas assuré de partir avec quelques chances de battre son adversaire.
Les Afghans, moins encore confiants aujourd'hui qu'hier, lors du premier tour, à cause du développement des actes terroristes menés depuis par les Talibans, pourront-ils vraiment se déterminer en nombre suffisant pour l'un ou l'autre candidat, eux qui n'avaient participé qu'à 38 % au scrutin précédent ?