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 Chirac rattrapé par les affaires

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Moussa



Nombre de messages: 28
Date d'inscription: 13/03/2009

MessageSujet: Re: Chirac rattrapé par les affaires   Ven 30 Oct - 17:24

Cette fois, Chirac semble tout désigné pour passer devant les fourches caudines de la justice. L'annonce de sa convocation au tribunal correctionnel fait la une de tous les médias. Ces derniers regorgent de commentaires saluant plus ou moins la mesure judiciaire prise à l'endroit d'un ancien chef d'Etat de la cinquième République. Ils se disent même fiers de constater que la justice française reste encore solide pour ne pas traiter avec quelque indulgence des justiciables relevant des hautes fonctions de l'Etat.

Il est reproché à Jacques Chirac d'avoir fait supporter par la Ville de Paris, du temps où il trônait à la tête de sa mairie, des rémunérations allouées à ses amis politiques et à ses proches qu'il utilisait à des fins politiques personnelles. La justice, qui l'avait déjà entendu à plusieurs reprises sur le sujet lorsqu'il était président de la République, a fini par se plier aux accomodements qu'il avait lui-même fait mettre en place pour se protéger durant ses deux mandats successifs. Mais aujourd'hui, compte tenu surtout des relations peu amènes qui le lient à Sarkozy, le temps est venu pour lui de rendre des comptes.

Le moment se signale d'ailleurs par une succession d'affaires judiciaires qui ont jeté le discrédit sur d'autres personnages de premier plan. Philippe de Villepin a finalement été reconnu coupable d'avoir été partie prenante dans l'affaire Clearstream. Les juges, convaincus de sa responsabilité à propos de la manipulation des fameux listings d'hommes politiques impliqués dans la fraude relevée dans ce dossier, ont même requis une année de prison avec sursis contre l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac. D'un autre côté, un vieil apparatchik du régime, Charles Pasqua, ancien proche également de Chirac, a été reconnu coupable d'avoir magouillé avec d'autres larrons dans l'affaire des ventes d'armes à l'Angola, à l'époque où il occupait les fonctions de ministre de l'Intérieur. Il a même été condamné à un an de prison ferme assorti d'une amende de près d'un million d'euros.

D'aucuns ne manquent pas de faire observer qu'en cette occasion Sarkozy s'est ainsi vengé de ses principaux ennemis politiques appartenant à son propre camp. Ces derniers auraient tenté de longue date déjà de lui barrer le passage vers l'Elysée, en fomentant contre lui diverses manoeuvres, aussi maladroites les unes que les autres, qui ont fini par se retourner contre eux.
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Ouchen



Nombre de messages: 129
Date d'inscription: 01/06/2007

MessageSujet: Re: Chirac rattrapé par les affaires   Ven 30 Oct - 18:45

Voici la liste des membres impliqués dans l'affaire mettant en cause Jacques Chirac, telle que la reproduit le journal Le Monde, avec l'indication des charges retenues contre eux :

"Dix personnes, dont l'ancien président de la République Jacques Chirac, ont été renvoyées vendredi 30 octobre devant le tribunal correctionnel de Paris par la juge Xavière Simeoni dans l'affaire des chargés de mission de la Ville de Paris.

Les instigateurs présumés :

Jacques Chirac : maire de Paris de 1977 à 1995, il est renvoyé pour détournement de fonds publics et abus de confiance. Il est soupçonné d'avoir fait "engager et rémunérer par la Ville de Paris", entre le 26 octobre 1992 et le 16 mai 1995, vingt et un chargés de mission "employés dans des structures extérieures à la Ville de Paris" ou "sans affectation aucune".

Michel Roussin : directeur de cabinet du maire de 1989 à 1993, il est renvoyé devant le tribunal pour complicité de l'abus de confiance reproché à M. Chirac, entre le 26 octobre 1992 et le 1er mars 1993, "en signant les contrats d'engagement et en permettant le versement de salaires subséquents" pour 11 chargés de mission.

Rémy Chardon : directeur de cabinet du maire de 1993 à 1995, il est renvoyé pour complicité d'abus de confiance et complicité de détournement de fonds publics. Il est soupçonné d'avoir signé les contrats de sept chargés de mission en deux ans.

Les bénéficiaires présumés :

Jean de Gaulle : Petit-fils du général de Gaulle et ancien député RPR, il est soupçonné d'avoir bénéficié de l'emploi de trois collaborateurs payés par la mairie de Paris entre octobre 1992 et mars 1995 pour un montant de plus de 69 000 euros. Il est renvoyé pour recel d'abus de confiance et recel de détournement de fonds publics.

Marc Blondel : Ancien secrétaire général du syndicat Force ouvrière (FO), il est soupçonné d'avoir bénéficié entre octobre 1992 et décembre 1998 d'un chauffeur rémunéré par la Ville pour un coût de plus de 75 000 euros. Il est renvoyé pour recel d'abus de confiance et recel de détournement de fonds publics.

François Musso : Ancien député européen proche de Jacques Chirac, il est soupçonné d'avoir bénéficié de l'emploi d'une collaboratrice payée par la mairie de Paris entre août 1994 et mai 1995 pour un montant de plus de 33 000 euros. Il est renvoyé pour recel de détournement de fonds publics.

Les "chargés de mission" présumés fictifs :

François Debré : Frère du président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré, il est soupçonné d'avoir "bénéficié de rémunérations versées par la Ville de Paris pour un emploi sans contrepartie pour la Ville", entre décembre 1993 et décembre 1998, pour un montant de plus de 107 000 euros. Il est renvoyé pour recel d'abus de confiance et recel de détournement de fonds publics.

Marie-Thérèse Poujade : l'épouse de l'ancien maire (RPR) de Dijon Robert Poujade est soupçonnée d'avoir bénéficié d'un emploi présumé de complaisance entre octobre 1992 et octobre 1993 pour près de 34 000 euros. Elle est renvoyée pour recel d'abus de confiance.

Pierre Boué : Ce proche de la championne cycliste Jeannie Longo, chargé de mission à la mairie de Paris entre octobre 1992 et mai 1996, aurait perçu plus de 96 000 euros. Il est renvoyé pour recel d'abus de confiance et recel de détournement de fonds publics.

Jean-Claude Mestre : inspecteur des impôts, ancien élu RPR, il est soupçonné d'avoir bénéficié d'un emploi fictif rémunéré par la Ville entre octobre 1992 et décembre 1996 pour un montant de près de 132 000 euros. Il est renvoyé pour recel d'abus de confiance et recel de détournement de fonds publics.
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Aharbal



Nombre de messages: 147
Date d'inscription: 27/05/2007

MessageSujet: Re: Chirac rattrapé par les affaires   Sam 31 Oct - 17:04

Les commentaires vont bon train, dans un sens ou dans l'autre, après la décision prise par la juge corse Simeoni, en charge du dossier, d'envoyer Jacques Chirac en correctionnelle.

Certains, relevant de son camp et même du Parti socialiste, s'insurgent que l'on ait exhumé un dossier vieux de quatorze ans pour le jeter en pâture à l'opinion publique. Hollande et son ex-compagne Segolène Royal, notamment, défendent cette thèse, en même temps que les plus proches amis du justiciable. Mais, nombreux sont au contraire ceux qui estiment que la justice doit passer, même à l'endroit d'un ancien chef de l'Etat.

Tout particulièrement Eva Joly, l'ancienne juge chargée d'affaires très sensibles comme Elf, etc., se félicite là d'une victoire de la démocratie pour la transparence. Pour elle, si le dossier a tardé à venir au tribunal, seul Jacques Chirac en était la cause. Il avait exhibé le faux-fuyant de l'immunité due au président de la République. Plus explicite, l'ancienne juge, d'origine nordique, estime que la loi française souffre encore d'une lacune demandant à être comblée, l'immunité ne devant s'appliquer qu'aux actes commis durant l'exercice du mandat présidentiel. Or, en l'espèce, les faits délictueux reprochés à Chirac remontent à la période antérieure à son accession à la tête de l'Etat.

D'un autre côté, l'ancienne magistrate aujourd'hui députée européenne, profite de cette occasion pour rebondir sur le projet de Sarkozy visant la suppression du juge d'instruction et le dénoncer. Jamais, affirme-t-elle, le ministère public n'aurait laissé une semblable affaire atterrir devant un tribunal si ce projet avait été adopté. Les politiques auraient tout entrepris pour étouffer l'affaire comme le montre d'ailleurs la position du parquet très claire là-dessus. Ce dernier avait tout simplement passé l'éponge en libérant Chirac de toute poursuite. Aussi, sans l'opiniâtreté de la juge Simeoni, les délits imputés à Chirac resteraient-ils définitivement impunis.

Bien des affaires politiques malsaines, ont été, hélas, closes bien trop tôt avant de révéler leur secret, dans un passé plus ou moins lointain en France ou ailleurs. Les dirigeants de ce monde tendent toujours à se protéger les uns les autres, aux dépens bien sûr d'une justice saine et loyale capable de remettre les pendules à l'heure et surtout de prévenir d'autres débordements condamnables toujours générés par la recherche toujours insensée du profit égoïstement personnel.
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Chirac rattrapé par les affaires

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