
Omar Bongo, l'inamovible président gabonais, dont on avait annoncé il y a peu son hospitalisation à Barcelone, est décédé hier.
Après avoir, un instant, refusé de confirmer la nouvelle de sa mort, les autorités gabonaises ont fini par l'accepter. Elles ont même déclaré un deuil national d'un mois et fermé les frontières durant toute la journée d'hier.
A présent, l'on s'interroge sur sa succession, qui semble apparemment déjà organisée, son fils, actuellement ministre de la Défense, étant de longue date donné comme héritier présomptif. Il n'y a pas qu'en Syrie, en Egypte et dans les autres pays arabes où l'on s'arroge le droit de garder le pouvoir dans la famille.
Le fait est que le Gabon reste au terme des 42 ans de règne de Bongo, un pays pauvre, dont le peuple souffre sur divers plans, comme la santé, l'éducation, etc., pendant que le défunt, qui a détourné une partie substantielle des revenus pétroliers du pays, faisait récemment l'objet d'un scandale politico-judiciaire qui a éclaboussé les relations franco-gabonaises.
N'est-ce pas que Chirac, lui-même, a profité du trésor gabonais pour sa campagne présidentielle, comme vient de le déclarer sur Europe 1 Giscard d'Estaing ? "
Normalement vous savez qu'on n'acceptait pas des versements de fonds provenant de pays étrangers qui soutenaient des candidats en France. Et j'ai appris que Bongo soutenait financièrement Jacques Chirac". "Moi j'étais président de la République à l'époque, a-t-il poursuivi, j'ai appelé Bongo et je lui ai dit : 'Vous soutenez actuellement la campagne de mon concurrent' ; alors il y a eu un temps mort que j'entends encore et il m'a dit : 'Ah, vous le savez', ce qui était merveilleux. A partir de ce moment-là, j'ai rompu mes relations personnelles avec lui." L'ancien président français a ajouté : "
Omar Bongo était un homme jeune, brillant, actif qui inspirait une certaine sympathie en fait. Puis, par la suite, c'est devenu un régime très personnel fondé quand même sur des systèmes financiers très contestables, et personnellement j'ai rompu tout rapport avec le président Bongo à partir de ce moment-là."
A voir aussi Sarkozy défendre bec et ongles cet ancien dictateur du Gabon, il est permis de supposer que lui aussi a dû profiter des pétrodollars de ce malheureux pays.