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Bongo et N’Guesso inquiétés par la Justice, rien n'est moins sûr

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Mahmoud




Inscrit le : 08 Juin 2007
Messages : 57

MessageSujet: Bongo et N’Guesso inquiétés par la Justice, rien n'est moins sûr   Jeu 21 Juin - 21:36

Sur plainte de trois associations, le parquet de Paris est appelé à ouvrir une enquête préliminaire à l’effet d’établir l’origine des fonds ayant permis à deux présidents inamovibles d’Afrique, Omar Bongo, du Gabon et Sassou N’Guesso, du Congo, de mettre la main sur des propriétés de grande valeur, principalement situées dans la région parisienne. Bongo, d’un côté, posséderait un hôtel particulier et quatre appartements situés dans le XVIe arrondissement. N’Guesso, de l’autre, disposerait, lui, d’un appartement à Paris et d’un hôtel particulier de 700 m² dans les Yvelines, estimé selon Le Figaro entre 5 et 10 millions d’euros. Un luxueux appartement de 550 m² à Courbevoie (Hauts-de-Seine) et d’autres biens immobiliers auraient été identifiés comme appartenant aux proches de ce dernier.

Me Bourdon, président de Sherpa, un réseau international de juristes signataires de la plainte avec deux autres associations, Survie et la Fédération des Congolais de la diaspora, estime que : "Ce n’est pas leur salaire de président qui peut expliquer les ressources considérables qui ont été nécessaires pour acquérir ces biens".

Pour les plaignants, il est temps, en effet, de "mettre fin au sentiment d’impunité tranquille de ceux qui chaque jour appauvrissent l’Afrique en se constituant des patrimoines considérables en France et ailleurs".

D’ailleurs, nombre d’éléments argumentant la plainte viendraient de rapports d’organisations internationales, comme l’ONU, l’OCDE, l’UE, et d’ONG telles que Transparency international, etc., ou encore du rapport, du Comité catholique contre la faim qui avait inventorié les biens appartenant à des dirigeants africains, rendu public à la veille du sommet Afrique-France de Cannes, en mars dernier.

D’aucuns relient cette intrusion de la justice dans les affaires « françafricaines » au départ de Chirac qui avait trop longtemps couvert nombre de ses amis, dictateurs africains, pour préserver les intérêts supérieurs de la France dans ce continent. Il ne semble pas que son successeur à l'Elysée soit du même avis, lui à qui l’on impute cette sortie fracassante, mais louable, dans un souci de nettoyage bienvenu que les Africains ne manqueront pas de saluer le moment venu.


Dernière édition par Mahmoud le Jeu 6 Mar - 21:58, édité 2 fois
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Akhroub




Inscrit le : 10 Mai 2007
Messages : 50

MessageSujet: Re: Bongo et N’Guesso inquiétés par la Justice, rien n'est moins sûr   Ven 22 Juin - 21:24

Ce n'est pas seulement Sassou N'Guessou et Omar Bongo qui devraient être traduits devant les tribunaux mais quasiment l'ensemble des anciens chefs d'Etat africains et peut-être même du plus grand nombre de ceux qui sont en fonction aujourd'hui. Ceci, pour ne parler que de l'Afrique, car, tant en Asie qu'en Amérique latine, nombre d'autres de leurs collègues méritent tout autant qu'eux d'être traduits devant le tribunal pénal international.

Une étude très sérieuse, menée, à ce sujet, par le Comité catholique contre la faim et pour le développement, donne des détails ahurissants sur les estimations des détournements commis par ces soi-disant chefs d'Etat qui sont sensés présider aux destinées de leurs peuples.

La liste est en effet longue de ces dictateurs qui se sont sucrés impunément, sur le dos du peuple :

H. BOIGNY de Côte d'Ivoire, poursuivi pour 7 à 10 milliards de dollars;
Shah Pahlavi, d'Iran, pour 35 milliards de dollars ;
Sadam Hussein, d'Irak, pour 10 à 40 milliards de dollars ;
Marcos, des Philippines, pour 5 à 10 milliards de dollars ;
Suharto, d'Indonésie, pour 15 à 35 milliards de dollars ;
Arap Moi, du Kenya, pour 3 milliards de dollars ;
Niazo, du Turkménistan, pour 3,5 milliards de dollars ;
Eyadema, du Togo, pour 1 à 2 milliards de dollars ;
Menem, d'Argentine, pour 10 milliards de dollars ;
Bhutto du Pakistan, pour 3 milliards de dollars ;
Charles Taylor, du Libéria, pour 3 milliards de dollars ;
Dos Santos, d'Angola, pour 4 à 5 milliard de dollars ;
Moussa Traoré, du Mali, pour 1 à 2 milliards de dollars ;
Abacha, du Nigéria, pour 2 à 6 milliards de dollars ;
Fujimori, du Pérou, pour 0.6 à 1.5 milliard de dollars ;
Duvalier, d'Haïti, pour 0.5 à 2 milliards de dollars ;
Mobutu, du Zaïre, pour 5 à 6 milliards de dollars ;
Nazarbaev, du Kazakhstan, pour 1 milliard de dollars
Niazov, du Turkménistan, pour 3.5 milliards de dollars ;
etc., etc.

A elle seule, la lecture des biens que possèdent la plupart de ces chenapans, dans les capitales occidentales, donne le tournis.
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Arthémis
Admin



Inscrit le : 17 Mar 2007
Messages : 40

MessageSujet: Re: Bongo et N’Guesso inquiétés par la Justice, rien n'est moins sûr   Ven 20 Juil - 15:01

Le journal Libération, citant une ONG luttant contre la corruption, Global Witness, fait état de la publication sur Internet de preuves bancaires établissant la dilapidation de deniers publics congolais, par les soins du fils de Sassou Nguessou, Christel.

L’argent du pétrole encaissé dans un compte offshore permet au rejeton du dictateur congolais de vivre sur un grand pied à Paris comme à Marbella, ses résidences préférées. Louis Vuitton, Dior, Chanel sont, entre autres, les fournisseurs attitrés de ce dandy.

Par un système combiné de prestataires de services, Sassou Nguesso a mis au point un processus permettant le transfert des recettes pétrolières vers des comptes bancaires sis dans les paradis fiscaux sur lesquels son fils a la haute main.

En quelque sorte, les produits pétroliers restent la propriété individuelle et personnelle du maître des lieux. Et tant pis pour le peuple, s’il doit crever de faim !
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M'hand




Inscrit le : 10 Mai 2007
Messages : 108

MessageSujet: Re: Bongo et N’Guesso inquiétés par la Justice, rien n'est moins sûr   Jeu 6 Mar - 21:46

En diffusant, lundi dernier, un reportage sur l'important patrimoine immobilier détenu en France par plusieurs présidents africains, France 2 a fait tilt pour l'instant, du moins dans l'esprit du premier visé par son enquête, Omar Bongo du Gabon. Jugeons-en :

Bongo dispose de "trente-trois appartements ou maisons, dont un hôtel particulier de 18 millions d'euros à Paris, pour une valeur totale de 150 millions d'euros, non compris des voitures de luxe, etc.", rappelle le journal Le Monde d'aujourd'hui.

Ce dernier ajoute - chose nouvelle pour moi -, que la plainte déposée contre lui en juin 2007 par trois associations - et qui est évoquée ci-dessus -, a été classée sans suite, en novembre, pour "infraction insuffisamment caractérisée", conséquence vraisemblablement d'une intervention de la chancellerie, pour protéger de soi-disant relations bilatérales privilégiées avec ce pays.

Bongo, par l'entremise de l'un de ses représentants les plus accrédités, le ministre des Affaires étrangères, a cru bon d'"exprimer son étonnement", avant de se retrancher derrière "un dossier qui a fait l'objet d'un non-lieu de la justice française", pour se dispenser tout simplement de reconnaître l'existence de cette fortune colossale acquise tout simplement par la rapine au détriment de son peuple.

Voulant même prévenir plus sûrement toute forme de récidive attentatoire à sa personne, l'"illustre" président gabonais use désormais de chantage : "Il y a beaucoup de Français en situation irrégulière au Gabon. Ils pourront être reconduits à la frontière si, au cours d'un contrôle de police, ils ne justifient pas de carte de séjour", a averti le ministre de l'Intérieur, selon lequel "5 à 10 %" des 10 000 Français vivant dans son pays peuvent être, le cas échéant, expulsés.

Pour se donner d'ailleurs bonne conscience, les autorités gabonaises essaient même de lier l'expulsion d'un Français, dès son arrivée mardi dans le pays, aux expulsions nombreuses de leurs concitoyens immigrants en France.
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Augustin




Inscrit le : 27 Juin 2007
Messages : 57

MessageSujet: Re: Bongo et N’Guesso inquiétés par la Justice, rien n'est moins sûr   Sam 21 Juin - 19:59

Une interview, du journaliste Philippe Bernard du journal Le Monde, réalisée par la rédaction du journal camerounais Le Messager, revient sur l'affaire instruite par la justice parisienne concernant les détournements d'Omar Bongo du Gabon et de Sassou N'guesso du Congo. Comme elle ne peut être résumée en quelques lignes sans risque de déformer son contenu et la trame du dialogue, j'ai jugé bon de la donner en entier, comme suit :

« A propos de la fortune deBongo, Sassou, Obiang, Compaoré et Cie
« 400 milliards de dollars ont étédétournés d’Afrique depuis trente ans »

La première question qui nous vient à l’esprit est qu’en menant cette enquête, quels sont les résultats auxquels vous avez abouti ?
Les principaux résultats auxquels j’ai abouti résultent, non pas d’une enquête que j’ai menée moi-même de bout en bout, mais de la connaissance que j’ai pu avoir d’une enquête de police. Celle-ci a été effectuée en France suite à une plainte de trois associations à propos de ce qu’elles appellent « les biens mal acquis par certains présidents africains ». Cette enquête a essentiellement permis de révéler la composition du patrimoine immobilier en France que possèdent les présidents gabonais et congolais (Congo Brazzaville). Ce patrimoine est composé d’immeubles situés dans les quartiers les plus riches de Paris. L’enquête a aussi révélé l’existence d’une impressionnante flotte d’automobiles de luxe et de très nombreux comptes bancaires.
La plainte déposée en mars 2007 visait le délit de « recel de détournement d’argent public » commis en France, autrement dit le fait d’avoir détenu des sommes d’argent détournées de budgets d’Etat. C’est l’enquête de police ouverte à la mi-mars 2007 qui a permis de connaître la composition de ces patrimoines. Les policiers ont fait avec leurs moyens, un travail exhaustif que des journalistes n’avaient fait que partiellement jusque là.
A l’origine, il y a eu une plainte déposée par des associations françaises désireuses de dénoncer ce qu’elles appellent « la dilapidation des richesses africaines », notamment une association regroupant des immigrés congolais. A la surprise générale, cette plainte n’a pas été classée immédiatement mais elle a donné lieu à une enquête de police. Le magistrat qui a demandé cette enquête à la police a pris cette décision quelques semaines après l’élection de Nicolas Sarkozy. Beaucoup d’observateurs ont fait le lien avec l’arrivée à l’Elysée du nouveau président. Ils ont cru voir dans l’ouverture de l’enquête un signe de changement de la politique africaine de la France. Ce lien n’a rien d’évident parce que le président de la République ne fait pas la pluie et le beau temps dans la justice. D’ailleurs, une fois l’enquête de police faite, le juge a décidé, en novembre, que le délit n’était pas constitué et il a classé le dossier « sans suite ».
Pour ma part, j’ai cherché à connaître le contenu de cette enquête de police. Une fois que j’en ai eu connaissance, j’ai d’abord voulu vérifier l’authenticité de ces informations pour éviter d’être manipulé. Ensuite, j’ai du mettre de l’ordre dans ces informations très volumineuses, générant plusieurs dizaines de pages de notes. Il m’a fallu aussi vérifier un certain nombre de détails sur les dates et les personnes citées afin d’aboutir à une information en béton. Sur un sujet propice à polémique, on ne peut se permettre de faire la moindre erreur, même sur l’orthographe d’un prénom. Ce travail s’est étalé sur plusieurs mois.

Après avoir publié les résultats de cette enquête, on a observé un certain nombre de conséquences. D’abord dans la France institutionnelle, si on peut le dire, avec le limogeage de ministres, selon certains observateurs. Ensuite au Gabon où la classe politique au pouvoir s’est fortement agitée. Qu’est-ce qui explique cette agitation là ? Est-ce que les récriminations faites par le parti au pouvoir au Gabon vous paraissent fondées ? Et d’autre part, comment comprendre cette attitude dans une France qui est considérée comme un pays des libertés et de démocratie ?
La France est un pays de libertés en ce sens qu’il y a des gens qui ont pu porter plainte et un juge qui a pu déclencher une enquête, qu’il y a une presse qui a pu en rendre compte, qu’il y a une liberté d’expression pour le débat qui a suivi. Il se trouve qu’en ce moment, un certain nombre de forces sociales aussi bien en Europe qu’en Afrique réclament des informations de ce genre. Elles veulent en finir avec l’opacité. Même les journalistes écarquillent les yeux quand des responsables de pays très pauvres les reçoivent à Paris dans des lieux d’un luxe inouï. Mais l’essentiel est que des associations de défense des droits de l’Homme et des associations d’émigrés, estiment qu’il y a un lien entre ces détournements d’argent et le manque de liberté qui existe dans certains pays d’Afrique. Elles pensent également que si la France veut continuer d’incarner les droits de l’homme et la justice, elle doit apprendre à dire des choses à ce sujet.
Il s’est trouvé que, parallèlement à ce bouillonnement associatif, Jean-Marie Bockel, alors secrétaire d’Etat à la Coopération, a donné, en janvier dernier, une interview au Monde dans laquelle il a dit vouloir « signer l’acte de décès de la Françafrique », autrement dit des relations opaques et suspectes entre le continent et Paris. Il s’est interrogé en ces termes : « sur 100 milliards de dollars annuels d'aide pour l'Afrique, 30 milliards s'évaporent. Certains pays ont d'importantes ressources pétrolières, mais leur population n'en bénéficie pas. Est-il légitime que notre aide soit attribuée à des pays qui gaspillent leurs propres ressources ? » Ces déclarations ont suscité la colère de M. Bongo. Au moment du remaniement ministériel qui, au mois de mars, a suivi l’élection municipale en France, M. Bockel a été écarté du secrétariat d’Etat à la coopération pour être rétrogradé aux « anciens combattants ». Cette mise à l’écart n’a rien à voir avec mon enquête mais avec ses propres déclarations.

Est-ce que le fait que la procédure d’enquête initiée par la plainte des associations se soit arrêtée au niveau de la justice d’une part, et que d’autre part on ait quand même constaté quelques secousses, ne confirme pas que la France-Afrique reste tout de même une réalité bien vivante ?
La réaction publique du Gabon n’est venue que plusieurs semaines après, au moment où, début mars, le journal télévisé de 20h de France 2 a repris les informations du Monde à propos de l’enquête de police. La mise à l’écart de M. Bockel est intervenue peu après. De là à dire, comme on a pu le faire, que c’est M. Bongo qui a eu la tête de Jean Marie Bockel.
Bien sûr, on peut le penser, mais il faut aussi tenir compte du fait que M. Bockel est entré dans un gouvernement de droite alors qu’il appartenait au parti socialiste. Il fait partie de ces « ministres d’ouverture » choisis par M. Sarkozy. Cela ne plaisait pas à tout le monde à droite. D’autres personnalités réclamaient des postes. Il est probable que les pressions du Gabon ont joué. Mais, ce n’est pas forcément la seule raison.

Est-ce qu’avec ce scénario cela ne confirme-t-il pas le fait qu’il y ait certains liens entre la France institutionnelle et ces dictateurs au pouvoir en Afrique qui appauvrissent leurs peuples au profit, peut-être, de votre pays ? Est-ce que cela ne confirme-t-il pas le fait que ces liens sont plus réels que jamais, contrairement aux déclarations de Sarkozy quand il prenait son pouvoir ? Autrement dit, de quel poids pèse M. Bongo dans la politique française, et dans la politique française de l’Afrique ?
Cela jette en tout cas un doute sur la « rupture » annoncée par M. Sarkozy. Mais la réalité est sans doute plus complexe : les rapports de M. Sarkozy avec l’Afrique ne sont pas les mêmes que celles qu’entretenait M. Chirac. M. Sarkozy n’a pas l’attirance que pouvait avoir M. Chirac pour l’Afrique, ni surtout l’ancienneté de liens personnels avec des dirigeants africains. Mais les intérêts économiques n’ont évidemment pas changé. Et on sait, par exemple, combien sont proches MM. Sarkozy et Bolloré, qui a de nombreux intérêts sur le continent.
Quant à Omar Bongo, c’est plus compliqué encore parce qu’il est considéré depuis des décennies comme un pivot de la politique française en Afrique. Il jouit d’un grand prestige auprès de nombre de ses homologues sur le continent, il est souvent intervenu dans les conflits, il effectue des médiations entre des chefs d’Etat africains. Donc à Paris, on pense, à tort ou à raison, que c’est un bon missionnaire de l’Etat français en Afrique car il défend les positions françaises.

Est-ce que ce n’est justement pour cette raison que la justice française a stoppé l’évolution de l’enquête ?
Je ne peux pas donner de réponse précise à cela. Je n’ai pas de preuve qu’il y a eu des pressions. Ce qui est vrai est qu’en France, le parquet, c’est-à-dire les magistrats qui décident d’ouvrir ou non les informations, sont sous la tutelle du ministère de la Justice. Mais sur le plan strictement juridique, le magistrat qui a pris la décision d’arrêter l’enquête avait aussi des arguments pour classer le dossier.
Pour lui, il fallait apporter la preuve que tous ces biens qu’on a répertoriés viennent de l’argent public. Le magistrat a estimé que l’enquête n’apportait pas cette preuve-là. Ceci dit, ce dossier n’est probablement pas terminé. Il semble qu’une autre plainte soit en préparation par la voie de la « constitution de partie civile » dans laquelle le parquet est obligé de saisir un juge d’instruction et donc d’ouvrir une information. Mais pour être recevables dans ce cas, il faut que les plaignants prouvent qu’ils ont un intérêt personnel à agir. Des actions de ce genre, ouvertes par des contribuables qui estiment que leur argent a été mal utilisé, ont déjà prospéré en France contre certains hommes politiques.

Ne pensez-vous pas que ce dossier pouvait connaître le même sort que l’affaire Elf, avec toujours messieurs Sassou Nguesso et Omar Bongo ?
Je ne suis pas spécialiste de l’affaire Elf. Mais, cela me semble assez différent. Parce qu’aucune société française n’est directement impliquée. Ce sont des chefs d’Etat amis de la France. D’un point de vue strictement économique, le problème est non seulement que cet argent est détourné, mais qu’il n’est pas utilisé à des fins productives. Même en ayant été détourné, il pourrait servir à faire des usines, des plantations, à faire travailler des gens en Afrique.
Au total, selon l’Onu, 400 milliards de dollars ont été détournés d’Afrique depuis trente ans. Cet argent, non seulement est souvent envoyé à l’étranger, mais il est investi dans des choses tout à fait improductives, comme des immeubles, des voitures, etc. Le même phénomène de détournement de fonds publics existe en Asie, avec des chefs d’Etats qui s’approprient des sommes faramineuses. Mais souvent ils investissent dans leurs pays. Bien sûr, cela n’enlève pas le problème des détournements. Mais, au moins cela a un impact économique sur le pays.

Pour ce qui est du dossier du journal Le Monde sur le Gabon et le Congo, est-ce qu’on peut s’attendre à ce type d’enquête sur les pays voisins notamment sur le Cameroun ?
Ce type d’enquête est possible parce que dans les pays concernés, il y a des gens dans la société civile, des journalistes aussi, des Ong qui font leur travail et veulent le communiquer. Je ne vois pas pourquoi ce travail en parallèle des professionnels de l’information et de la société civile ne serait pas possible dans d’autres pays autres que le Gabon et le Congo.

Est-ce qu’il y a des chantiers sur lesquels vous êtes en train de travailler ? Est-ce que le Cameroun figure dans ces chantiers ?
Non, pas spécialement. Mais je sais qu’au Cameroun la corruption est un problème. Ce n’est pas un mystère puisque c’est la une des journaux presque tous les jours. Dans votre pays, c’est LE sujet d’actualité. Dans d’autres pays, ce n’est pas aussi évident, parce que les autorités n’acceptent pas d’aborder ces questions-là.[i]
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